23 septembre 2010

LES CONTRE-TORPILLEURS FRANCAIS ENTRE LES DEUX GUERRES MONDIALES

La genèse des contre-torpilleurs français

Les derniers contre-torpilleurs des programmes d'avant la première guerre mondiale (Bouclier, Bisson et Enseigne Roux) déplaçaient officiellement 800 tonnes. Ce déplacement est porté à 905 tonnes pour le dernier construit, Enseigne Gabolde, entré en service en 1924 seulement, sa construction ayant été retardée par la guerre. Nous surveillions à l'époque plus particulièrement la marine de guerre italienne, notre principal adversaire potentiel, qui construisit à partir de 1914 des "esploratori", bâtiments intermédiaires entre les croiseurs et les contre torpilleurs des classes Quarto, Mirabello et Aquila de 1 700 à 3 000 tonnes de déplacement, et dont les plus rapides dépassaient 35 nœuds. Dans le même temps, les Allemands avaient mis au point des torpilleurs de 1 300 à 2 000 tonnes. La Marine Nationale en avait reçu un exemplaire en 1920 au titre des réparations (le S113, incorporé sous le nom d'Amiral Sénés, qui déplaçait 2 060 tonnes et était armé de quatre canons de 150 mm). Nous avions donc eu tout le loisir d'étudier cette classe.
Nous n'avions rien à opposer à ces navires : nos croiseurs cuirassés étaient bien trop lourds, et trop lents ; nos torpilleurs trop petits et pas assez armés. Il était nécessaire de mettre au point un type de navire au moins équivalent.

Le programme français de 1922 peut être considéré comme capital, parce qu'il constitue la base de la reconstruction de notre flotte de guerre, en rupture totale avec les errements passés, tenant compte de l'expérience du récent conflit, et supportant la comparaison avec ce qui se fait de mieux à l'étranger. Nous pouvons en être fiers puisque l'effort fut considérable. En dépit de difficultés d'ordre politique (instabilité ministérielle) et financier (grande crise de 1929), il fut poursuivi pratiquement sans discontinuer notamment grâce à un ministre de la marine de grande valeur, Georges Leygues, dont la marine reconnaissante a perpétué le nom, en le donnant à sa mort, à l'un de nos meilleurs croiseurs.

Le programme de 1922 comprenait:
- trois croiseurs non protégés de 8 000 tonnes : les Duguay Trouin
- six contre-torpilleurs de 2 400 tonnes : les Jaguar
- douze torpilleurs d'escadre de 1 500 tonnes : les Bourrasque
- six sous-marins de 900 tonnes : les Narval
- six sous-marins de 600 tonnes : les Sirène

Au sein de ce programme, les contre-torpilleurs constituent une flotte homogène de bâtiments totalement nouveaux dans leur conception.

Les contre-torpilleurs du type Jaguar.
Jaguar : mis sur cale à l'arsenal de Lorient en 1922, lancé le 17 novembre 1923, en service en juin 1926,
Panthère : mis sur cale à l'arsenal de Lorient en 1922, lancé le 27 octobre 1924, en service en novembre 1926,
Léopard : mis sur cale aux chantiers de la Loire à Saint Nazaire en 1923, lancé le 29 septembre 1924, en service en octobre 1927;
Lynx : mis sur cale aux chantiers de la Loire à Saint Nazaire en 1923, lancé le 24 février 1924, en service en aout 1927,
Chacal: mis sur cale aux chantiers de Penhoët à Saint Nazaire en 1923, lancé le 27 septembre 1924, en service en juin 1926,
Tigre : mis sur cale aux chantiers de Bretagne à Nantes en 1923, lancé le 2 août 1924, en service en décembre 1925.

Chacal à ses essais de vitesse en 1925


Tigre en 1932.

Tigre en 1947.

Caractéristiques des bâtiments de la classe Jaguar :
Déplacement : 2 126 tw, 2 400 tonnes normal, 2 950 à 3 050 en pleine charge,
longueur 126,78 m, largeur 11,32 m, tirant d'eau 4,10 m,
puissance 55 000 cv, vitesse 35,5 nœuds, rayon d'action 3 500 miles à 15 nœuds
5 chaudières, turbines à engrenages, 2 hélices, 530 tonnes de mazout
Effectif : 8 officiers et 196 hommes
Armement : 5 canons de 130 mm
2 canons de 75mm AA
6 tubes lance torpilles de 550 mm
2 grenadeurs, 4 mortiers Thornycroft

Meilleur de la série aux essais de vitesse, le Tigre avec 35,93 nœuds, et 55 200 cv pendant 8 heures et 36,7 nœuds, pendant une heure.

En 1939, l'armement est modifié : 1 canon de 130 mm et les 2 de 75 mm sont débarqués et remplacés par 8 mitrailleuses lourdes Hotchkiss de 13,2 mmAA.

Histoire des bâtiments de la classe Jaguar :
Le Jaguar est torpillé de nuit par les vedettes rapides allemandes S21 et S23 le 23 mai 1940 devant Dunkerque.
Le Chacal est détruit par des bombes de la Luftwaffe le 24 mai 1940 devant Boulogne.
Les Panthère et Tigre étaient désarmés à Toulon depuis septembre 1940, lors du sabordage du 27 novembre 1942. Ils ne furent pas sabordés et furent saisis par les italiens. Panthère devint FR22 sous pavillon italien. Il part le 23 mars 1943 en Italie et est sabordé à La Spezzia le 9 septembre 1943.
Le Tigre est saisi en février 1943 rebaptisé FR23, part vers Tarente ou il est récupéré lors de la capitulation italienne en septembre 1943. Il est officiellement restitué le 28 octobre 1943 à Bizerte. Remis en service en mars 1944, il fut affecté aux convois de Corse. Il est transformé (suppression de la chaudière n°1 remplacée par une soute à mazout, débarquement de la cheminée avant, la vitesse est réduite à 27 nœuds, 3 tubes lance torpilles sont débarqués, la DCA est renforcée par 2 x 40 mm et 10 x 20 mm).
Le Tigre est envoyé à la Flank Force puis à la division des écoles, condamné en 1954 et démoli en 1955 à Brégaillon.
Le Lynx était également à Toulon le 27 novembre 1942. Il est sabordé aux appontements de Milhaud, renfloué le 23 janvier 1944. Il est remorqué et échoué à Brégaillon au fond de la rade de Toulon où il restera jusqu'à sa démolition en 1948.
Le Léopard s'était réfugié à Porsmouth en juin 1940. Il fut saisi par les Britanniques lors de l'opération Catapult puis remis aux Forces Françaises Libres le 31 août 1940. Son armement est remanié : ajout d'un 102 mm, d' un 37 mm et de 10 mitrailleuses lourdes de 13,2 mm. Il escorte les convois pendant l'hiver 1940, mais son faible rayon d'action est un handicap, aussi il est refondu en juin 1941. La chaudière n°1 et la cheminée avant sont débarquées, une soute à mazout est installée. Il est envoyé dans l'océan Indien, où il provoque par son action le ralliement à la France Libre de la Réunion en novembre 1942. Il participe à des escortes de convois puis regagne la Méditerranée avant de s'échouer devant Tobrouk le 27 mai 1943. L'épave se brise sous l'effet de la houle le 19 juin 1943.

Le programme naval de 1925 prévoit la construction de trois contre-torpilleurs d'un nouveau type. Plus grands que les Jaguar, plus armés, plus rapides et dotés d'un rayon d'action légèrement supérieur, ils diffèrent notamment par la silhouette. Le programme de 1926 prévoit également trois navires de ce type qui constituent donc une même classe de navires : les Guépard.

Ce sont les premiers d'une série de 18 navires, qui se caractérisent par une silhouette particulière de quatre cheminées groupées deux par deux; chaque cheminée surmontant une chaudière, les turbines étant situées l'une entre les groupes de cheminées, l'autre derrière le second groupe. Ces navires se répartissent en trois classes de 6 navires chacune : les Guépard, les Aigle, les Vauquelin.

Les contre-torpilleurs du type Guépard.

Programme 1925 : 3 navires
Guépard : mis sur cale à l'arsenal de Lorient en 1927, lancé le 19 avril 1928, en service en aout 1929
Bison : mis sur cale à l'arsenal de Lorient en 1927, lancé le 29 octobre 1928, en service en octobre 1930
Lion : mis sur cale aux chantiers de France à Dunkerque en 1927, lancé le 5 aout 1929, en service en janvier 1931

Bison en 1937.

Programme 1926 : 3 navires
Valmy; mis sur cale aux chantiers de Penhoet à Saint Nazaire en 1927, lancé le 19 mai 1929, en service en janvier 1930
Verdun; mis sur cale aux chantiers de la Loire à Saint Nazaire en 1927, lancé le 4 juillet 1928, en service en avril 1930
Vauban; mis sur cale aux chantiers de France à Dunkerque en 1927, lancé le 1er février 1930, en service en janvier1931

Valmy en 1931.

Caractéristiques des bâtiments de la classe Guépard :
Déplacement 2436 tw, 2700 tonnes normal, 3200 tonnes en pleine charge,
longueur 130,20 m, largeur 11,76 m, tirant d'eau 4,68 m,
puissance 64 000cv, vitesse 35,5 nœuds, rayon d'action 3000 miles à 18 nœuds,
4 chaudières, turbines à engrenage, 2 hélices, 650 tonnes de mazout,
Effectif : 9 officiers, 200 hommes
Armement : 5 canons de 138mm, portée 19 000 m
4 x 37 mm AA
6 tubes de 550 mm
2 grenadeurs, 4 mortiers Tornycroft, 50 mines de 500 kg
Meilleur de la série aux essais de vitesse : le Valmy, avec 37,07 nœuds et 69 580 cv pendant 8 heures et 38,53 nœuds pendant une heure.

Histoire des bâtiments de la classe Guépard:
Bison : abordage avec le croiseur Georges Leygues, le 2 février 1939 au cours de manœuvres. Sera coulé pendant la campagne de Norvège le 3 mai 1940, par l'explosion d'une bombe dans les soutes avant au cours d'une attaque de la Luftwaffe.
Guépard, Lion, Valmy, Verdun et Vauban furent sabordés à Toulon le 27 novembre 1942.
Le Guépard sera renfloué le 4 septembre 1943.Il coule par suite des bombardements de mars 1944 et sera renfloué en 1947 pour démolition.
Le Lion, peu avarié, est saisi par les Italiens rebaptisé FR21. Il part pour l'Italie et est sabordé à La Spezzia le 9 septembre 1943. Il est renfloué et à nouveau coulé en 1944.
Le Valmy est coulé à la Seyne, renfloué le 15 mars 1943. Saisi par les Italiens, il devient FR24, part pour l'Italie le 6 juillet 1943 puis est saisi par les Allemands à Savone. Son épave est retrouvée en 1945 à Gênes.
Le Verdun est coulé, renfloué le 16 janvier 1943, endommagé par des bombardements les 7 et 11 mars 1944. Son épave est renflouée en 1948 pour démolition.
Le Vauban est coulé aux appontements de Milhaud, renfloué en juin 1943, coulé le 7 mars 1944 par bombes, et renfloué en 1947 pour démolition.

Les contre-torpilleurs du type Aigle .

Programme 1927
Aigle : mis sur cale aux chantiers de France à Dunkerque en 1928, lancé le 19 février 1931, en service en septembre1932
Vautour : mis sur cale aux chantiers de la Méditerranée au Havre en 1929, lancé le 26 aout 1930, en service en décembre 1931
Albatros : mis sur cale aux chantiers de la Loire à Nantes en 1929, lancé le 27 juin 1930, en service en décembre 1931
Gerfaut : mis sur cale aux chantiers de Bretagne à Nantes en 1929, lancé le 14 juin 1930, en service en janvier 1932

Albatros en 1931

Albatros en 1955.

Caractéristiques des bâtiments du type Aigle :
Déplacement 2441 tw; 2660 tonnes normal; 3140 tonnes en pleine charge
longueur 128,50 m; largeur 11,84 m; tirant d'eau 4,97 m
puissance 64 000cv; vitesse 36 nœuds; rayon d'action 3 000 miles à 18 nœuds
4 chaudières; turbines à engrenages; 2 hélices; 650 tonnes de mazout
Effectif 10 officiers,210 hommes
Armement:5 canons de 138mm
4x37mmAA
4x13 mmAA
6 tubes lance torpilles de 550mm
2 grenadeurs

Meilleur de la série aux essais de vitesse le Gerfaut avec 40,01 nœuds et 79749 cv pendant 8 heures et 41,457 nœuds pendant une heure.

Programme 1927 spécial: expérimentation de chaudières timbrées à 27 kg/cm2, vapeur à 325° turbines à triple détente de vapeur;caractéristiques et formes de coques des Vauquelin (série suivante).
Milan; mis sur cale à l'arsenal de Lorient en 1930, lancé le 13 octobre 1931, en service en avril 1934
Épervier; mis sur cale à l'arsenal de Lorient en 1930, lancé le 14 aout 1931, en service en avril 1934

Milan en 1936

Caractéristiques des bâtiments de la classe Aigle expérimental :
Déplacement 2441tw; 2660 tonnes normal; 3140 tonnes en pleine charge
longueur 129,30 m; largeur 11,84 m; tirant d'eau 4,97 m
puissance 68 000 cv; vitesse 36 noeuds; rayon d'action 3 000 miles à 18 nœuds
4 chaudières, surchauffe 325°; turbines à triple détente de vapeur
Effectif 10 officiers 210 hommes
Armement 5canons de 138mm
4x37mmAA
4x13mmAA
7 tubes lance torpilles de 550mm
2 grenadeurs,4 mortiers thornycroft
Meilleur de la série aux essais de vitesse l'Épervier avec 39,728 nœuds et 72 826 cv pendant 8 heures, et 42,14 nœuds pendant une heure.

Histoire des bâtiments de la classe Aigle :
Le Milan fut détruit devant Casablanca le 8 novembre 1942 par la Task Force américaine 34, lors du débarquement en Afrique du Nord. L' Albatros fut également endommagé lors de la même action et contraint de se jeter à la cote, déséchoué un mois plus tard, il fut remorqué à Toulon après la guerre, réparé et remis en service en 1948, comme bâtiment école d'application du tir à la mer. On avait débarqué la chaufferie avant et les deux cheminées correspondantes; l'armement à été réduit à 3 canons de 138 mm; 2 x 75 mmAA et un canon Bofort de 40 mmAA; l'Albatros a été condamné en 1959, et démoli à Brégaillon en 1967.
L'Épervier fut coulé le 9 novembre 1942 devant Oran, par le croiseur anglais Aurora.
Aigle; Gerfaut et Vautour ont été sabordés le 27 novembre 1942 à Toulon.
L'Aigle est renfloué le 10 juillet 1943, et coulé lors du bombardement du 24 novembre 1943.
Le Gerfaut est renfloué le 1er juin 1943, coulé lors du bombardement du 7 mars 1944.
Le Vautour est renfloué le 17 janvier 1943, coulé lors du bombardement du 4 février 1944.

Il est à noter que chaque série de bâtiment a présenté un progrès par rapport à la série précédente sur la tenue à la mer, et la stabilité transversale. Des économies de poids ont été réalisées dans la coque et les accessoires. Ils avaient une artillerie tirant deux fois plus vite.

Les contre- torpilleurs du type Vauquelin.
Programme 1928
Le Vauquelin; mis sur cale aux chantiers de France à Dunkerque en 1930, lancé le 29 mars 1931, en service en juillet 1933
Le Kersaint; mis sur cale aux chantiers de la Loire à Nantes en 1930, lancé le 14 novembre 1931, en service en novembre 1933
Le Cassard; mis sur cale aux chantiers de Bretagne à Nantes en 1930, lancé le 8 novembre 1931, en service en juillet 1933
Le Tartu; mis sur cale aux chantiers de la Loire à Nantes en 1930, lancé le 7 décembre 1931, en service en décembre 1932
Le Maillé-Brézé; mis sur cale aux chantiers de Penhoet à Saint Nazaire en 1930, lancé le 9 novembre 1931, en service en février 1933
Le Chevalier Paul; mis sur cale aux chantiers de la Méditerranée à La Seyne en 1931, lancé le 21 mars 1932, en service en juin 1934.

Cassard en 1933.

Caractéristiques des bâtiments de la classe Vauquelin :
Déplacement 2441 tw; 2660 tonnes normal; 3140 tonnes en pleine charge
longueur 129,30 m; largeur 11,84 m; tirant d'eau 4,97 m
puissance 64 000 cv; vitesse 36 nœuds; rayon d'action 3 000 miles à 18 nœuds
4 chaudières; turbines à engrenages; 2 hèlices; 650 tonnes de mazout
Effectif 10 officiers 210 hommes
Armement:5 canons de 138mm
4x37 mmAA
4x13 mmAA
7 tubes lance torpilles
2 grenadeurs,4 mortiers Thornycroft
50 mines de 500 kg

Meilleur de la série aux essais de vitesse le Cassard avec 39,642 nœuds et 69 725 cv pendant 8 heures, et 41,028 nœuds pendant une heure.

Histoire des bâtiments de la classe Vauquelin :
Le Maillé-Brézé est coulé le 30 avril 1940 en rade de Greenock (Écosse), à la suite de l'explosion accidentelle d' une de ses torpilles.
Le Chevalier Paul est torpillé le 16 juin 1941 par un avion britannique, au large de Lattaquié (Syrie).
Les Vauquelin; Kersaint; Cassard; Tartu sont sabordés le 27 novembre 1942 à Toulon; irrécupérables, aucun ne sera renfloué, ils seront démolis sur place après la guerre.
L'emploi de la soudure dans la construction des coques à permis d'économiser une trentaine de tonnes dans la construction des Vauquelin.

La série suivante constitue sans aucun doute l'apogée du contre-torpilleur français. Plus rapides, appareil moteur plus évolué, pièces de 138 mm plus puissantes, plus de tubes lance torpilles, silhouette plus ramassée avec deux cheminées au lieu de quatre, mat de flèche au lieu du tripode léger, cette série bénéficie de l'expérience accumulée sur les constructions antérieures. Quatre d'entre eux auront la chance de se distinguer tout au long d'une carrière particulièrement longue et active.

Les contre-torpilleurs du type Le Fantasque.

Programme 1930
Le Fantasque; mis sur cale à l'arsenal de Lorient en 1931, lancé le 15mars 1934, en service en mars 1936
L'Audacieux; mis sur cale à l'arsenal de Lorient en 1931, lancé le 15 mars 1934, en service en novembre 1935
Le Malin; mis sur cale aux chantiers de la Méditerranée à La Seyne en 1931, lancé le 17 aout 1933, en service en novembre 1935
Le Terrible; mis sur cale aux chantiers navals de Caen en 1931, lancé le 30 novembre 1933, en service en octobre 1935
Le Triomphant; mis sur cale aux chantiers de France à Dunkerque en 1931, lancé le 16 avril 1934, en service en mai 1936
L'Indomptable; mis sur cale aux chantiers de la Méditerranée à La Seyne en 1932, lancé le 7 décembre 1933, en service en septembre 1936


LE TERRIBLE en 1935 à ses essais de vitesse 45,029 noeuds (record du monde).

Terrible en 1955.

INDOMPTABLE en 1936.

LE TRIOMPHANT en 1948 se ravitaille en mer au cuirassé RICHELIEU

Caractéristiques des bâtiments de la classe Le Fantasque :
Déplacement 2 569 tw; 2800 tonnes normal; 3400 tonnes en pleine charge
longueur 132,40 m; largeur 11,99 m; tirant d'eau 5,01 m
puissance 74 000 cv; vitesse 37 nœuds; rayon d'action 2 500 miles à 25 nœuds
4 chaudières, surchauffe à 325° timbrées à 27kg; turbines à engrenages; 2 hèlices; 600 tonnes de mazout
Effectif 10 officiers 210 hommes
Armement: 5canons de 138 mm, modèle 1929 tirant à 20 000 m
4x 37mmAA
4x13 mmAA
9 tubes lance torpilles
2 grenadeurs
50 mines

Tous ces bâtiments ont dépassés 100 000 cv et 43 nœuds aux essais;au Le Terrible a dépassé aux essais 45,029 noeuds, ce qui en fait le bâtiment le plus rapide du monde, record jamais battu pour un bâtiment de tonnage équivalent et de même catégorie.


Histoire des bâtiments de la classe Fantasque :
L'Audacieux était à Dakar le 23 septembre 1940 lors de l'attaque de ce port par les britanniques. Gravement endommagé par une salve de 203 mm du croiseur lourd Australia qui détruisit les deux pièces avant, la chaufferie et le compartiment des turbines avant, échoué en flammes, il fut renfloué et rejoignit Bizerte, il fut rendu inutilisable par les bombardements alliés le 7 mai 1943.
L'Indomptable était le seul de la série se trouvant à Toulon le 27 novembre 1942, il fut sabordé de manière irrécupérable; sont étrave fut découpée pour remplacer celle du Malin disparue lors d'un abordage de ce bâtiment par Le Terrible le 25 décembre 1945.
En novembre 1942, Le Fantasque et Le Terrible étaient à Dakar; ils furent aussitôt envoyés en refonte aux États-Unis. Sérieuse endommagé à Casablanca par un obus de 406 mm du cuirassé américain Massachusetts, Le Malin dut attendre l'achèvement de réparations provisoires pour rejoindre ses frères outre-Atlantique et subir la même refonte qu'eux. Reclassés croiseurs légers après cette refonte; ces trois navires constituant la 10 ém Division de croiseurs légers intervinrent brillamment en Méditerranée; en Sicile en aout 1943, raids sur Naples, en septembre ils participent au débarquement de Salerne, à Alger puis participent au débarquement de troupes à Ajaccio en quatre raids du 13 au 22 septembre lors de la libération de la Corse, après avoir escorté le cuirassé Richelieu de retour des États-Unis, ils effectuent des raids en mer Égée,retour à Bizerte, puis la cote italienne, raids en Adriatique, soit 24 raids à plus de 30 nœuds, participent au débarquement en Provence, et au siège de Toulon, opération près de Monaco le 4 septembre 1944.
Le Triomphant rallie Plymouth en juin 1940, il est saisi le 3 juillet 1940 lors de l'opération Catapult il est remis aux Forces Navales Françaises Libres, il subit une première refonte;1canon de 102 mm remplace la pièce de 138 mm n°4, la DCA est renforcée par 6 x 37mmAA; 10 x 13,2mmAA, un asdic, il fut envoyé dans le Pacifique, il n'était pas fait pour les longues traversée étant donné son manque de rayon d'action, il devait être ravitaillé souvent, il y demeura pourtant jusqu'en avril 1944, après avoir essuyé un cyclone en décembre 1943, ou il manqua de se perdre donnant une gite impressionnante.
Il fut envoyé d'avril 1944 à mars 1945 aux Etats-Unis pour subir la même refonte que ses frères et retrouver sa 5 ém pièce de 138 mm débarquée en 1940.


Caractéristique des quatre Fantasque refondu aux USA et reclassés croiseurs légers:
Déplacement en pleine charge 3 750 tonnes
tirant d'eau 5,30 m
730 tonnes de mazout; rayon d'action 3 600 miles à 14 nœuds
Effectif de guerre 18 officiers 279 hommes
Armement: 5 canons de 138mm
8x 40mmAA
10 x 20mmAA
6 tubes lance torpilles de 550mm
2 grenadeurs


Après la guerre, Le Fantasque arrive en octobre 1945 à Saigon, il reste en Indochine jusqu'en aout 1946, il est plaçé en réserve à compte du 15 janvier 1951, il sert de base fixe à Saint Mandrier de 1953 à 1956, il est ramené à Toulon,ou il est condamné le 2 mai 1957, et démoli à La Seyne en 1958.
L e Malin perd son avant lors d'un abordage avec Le Terrible, le 25 décembre 1944, il est ramené à Toulon,le 4 juillet 1945, on lui greffe l'avant de L'Indomptable, récupéré sur l'épave sabordée. L'opération se fait au chantier de la Ciotat, les travaux sont terminés le 29 aout 1945, des essais sont effectués en novembre et décembre 1945, Le Malin est ensuite envoyé en Indochine en septembre 1951 et rentre à Brest en juin 1952, il est alors désarmé et sert de bâtiment d'instruction pour l'école navale, jusqu'en décembre 1956, en 1961 sa coque sert de ponton d'accostage pour les dragueurs, il est condamné en 1964, en 1965 sa coque est amenée à Lorient ou il sert de brise- lames jusqu'en 1974, il est démoli à Lanester en 1976.
Le Terrible, avarié par l'abordage avec Le Malin, est réparé à l'arsenal de Bizerte, il effectue des aller retour sur l'Indochine en escorte des porte avions de mai 1952 à avril 1953, il est désarmé à Brest en 1955, il est annexe de l'école navale à Lanvéoc du 1er décembre 1956 au 31 janvier 1962, et condamné en juillet 1962, il est démoli en 1963.
Le Triomphant escorte le cuirassé Richelieu en Extrême- Orient le 11 mai 1945, en septembre 1945; les deux navires quittent l'océan indien pour l'Indochine; Le Triomphant reste en Indochine jusqu'en avril 1946, il est désarmé à Bizerte le 1er janvier 1950, condamné en 1954, il est démoli en 1962.



Les derniers contre-torpilleurs construits constituent l'évolution ultime de ces navires. Plus puissants que les Fantasque, nettement plus armés, on peut les considérer comme des petits croiseurs.

Les contre-torpilleurs du type Mogador.
Programme 1932
Mogador : mis sur cale à l'arsenal de Lorient en 1934, lancé le 9 juin 1937, en service en novembre 1938
Programme 1934
Volta: mis sur cale aux chantiers de Bretagne à Nantes en 1934, lancé le 26 novembre 1936, en service en novembre 1938
Programme 1938 bis (décret du 2 mai 1938)
Marceau : sur cale à Nantes en 1939, construction abandonnée en juin 1940
Kléber : sur cale à Dunkerque en 1939, construction abandonnée en juin 1940
Desaix : sur cale à Dunkerque en 1939, construction abandonnée en juin 1940
Programme 1938 c (loi du 12 avril 1939)
Hoche : sur cale à Lorient en 1939, construction abandonnée en juin 1940

Mogador en 1938.

Caractéristiques des bâtiments de la classe Mogador :
Déplacement 2 884 tw, 3 500 tonnes normal, 4 018 tonnes en pleine charge,
longueur 137,50 m, largeur 12,56 m, tirant d'eau 4,6 m,
puissance 92 000 cv, vitesse 39 nœuds, rayon d'action 4 000 miles à 18 nœuds,
6 chaudières timbrées à 35 kg surchauffe 385 °, turbines à engrenages, 2 hélices, 630 tonnes de mazout,
Effectif : 12 officiers, 226 hommes
Armement : 8 canons de 138mm, en quatre tourelles doubles
4x37 mm
4x 13mm
10 tubes lance torpilles
2 grenadeurs
40 mines

Essais du Mogador : 41,274 nœuds et 104 925 cv pendant 8 heures et 43,45 nœuds pendant une heure.

Histoire des bâtiments de la classe Mogador:
Mogador et Volta se trouvaient tous les deux à Mers el Kébir lors de l'attaque anglaise du 3 juillet 1940. Si le Volta s'en tire sans dégâts, le Mogador fut atteint dans la passe par un tir de 380 mm qui l'atteignit sur l'arrière provoquant l'explosion des grenades anti-sous marines, détruisant le bâtiment sur le quart de sa longueur. Heureusement, les cloisons étanches des machines résistèrent, le Mogador continua à flotter droit, la gabare La Puissante le remorqua, il fallut quatre heures pour éteindre l'incendie. Après réparations provisoires, il fut remorqué à Toulon. Les réparations venaient d'être terminées le 27 novembre 1942 lorsque le Mogador et le Volta furent sabordés à Toulon.
Le Mogador est renfloué le 5 avril 1943 et atteint à plusieurs reprises par les bombardements de 1944. Il est échoué à Bregaillon, où il sera démoli en 1949.
Le Volta est renfloué le 20 mai 1943, avarié par le bombardement du 24 novembre 1943. Il est remorqué à Brégaillon, ou il sera démoli en 1948.


Le contre-torpilleur français a influencé l'évolution de cette catégorie de bâtiments dans plusieurs marines étrangères : les Z allemands à partir de 1934, les Leningrad soviétiques de 1935, les Tromp néerlandais, les Capitani Romani italiens, les Fletcher, Allen M Sumner et les Gearing américains, les Battle britanniques, les Terutuki japonais. Mais seuls les bâtiments de construction italienne ont approché les vitesses de 37/38 nœuds en service normal de nos contre-torpilleurs.

Les contre-torpilleurs n'ont pas été reproduits en France après la guerre. Toutefois, on s'est inspiré des Mogador pour les escorteurs d'escadre T47-T53, les Surcouf (de 2 750 tw, 3 750 tonnes en pleine charge) avec cependant une puissance de 63 000 cv et une vitesse de 34 nœuds. Les missions ont changé. Il n'est plus question de raids dans les eaux ennemies (voués a l'échec étant données les technologies modernes de couverture radar et aérienne) mais d'escorte des escadres. Les missions désormais ne demandent plus des vitesses aussi importantes.

Alain

(Toutes les clichés de cet article proviennent de la collection d'Alain V)





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