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10 janvier 2011

YAVUZ, croiseur de bataille allemand sous pavillon turc

Le croiseur de bataille allemand Goeben a fait pratiquement toute sa carrière sous le pavillon turc. Dès le 16 août 1914, il porte le pavillon ottoman prend le nom de Yavuz Sultan Selim. La décision d'enfermer le Goeben et le croiseur léger Breslau dans les détroits, pour renforcer la marine ottomane comme l'empire ottoman et lui forcer la main pour entrer en guerre au coté de l’Allemagne, a pour conséquence de sacrifier toute possibilité de retour. Il est cédé à la Turquie officiellement à compter du 2 novembre 1918. Il s'agit d'un croiseur de bataille allemand du type Moltke.

Les allemands construisirent des croiseurs de bataille pour répondre aux Invincible britanniques. Ils s'en distinguaient par un calibre d'artillerie principale moindre; 280 mm au lieu de 305 mm pour les anglais; mais avec une protection nettement renforcée. Le premier croiseur de bataille construit en Allemagne est le Von Der Tann, commandé en 1907 et entré en service en 1910. Il est suivi des deux sisters ship: Moltke et Goeben.

Caractéristiques des Moltke :
déplacement: 20846 tonnes; 23042 tonnes en pleine charge
dimensions: longueur 186,6 m; largeur 30 m; tirant d'eau 9,20 m
propulsion: 4 turbines à engrenages Parsons alimentées par 24 chaudières Schulz Thornycroft puissance 52 000 cv; 4 hélices vitesse 28,4 nœuds,25,5 nœuds en service courant,rayon d'action 4 120 miles à 14 nœuds
protection ceinture cuirassée de 280mm au plus fort à 76,2,barbettes et tourelles(face) 230mm,casemates 200 mm,commandement 300 mm,pont blindé 76,2 mm
armement: 10 canons de 280 mm modèle 1909 tire des obus de 302 kg à 21 700 m (portée maximale,site à +22,5 ° après 1915).
10 canons de 150 mm en casemates
12 canons de 88 mm(jusqu'en 1916)
4 tubes lance torpilles sous marins
équipage 43 officiers et 1010 hommes

Le Motke est mis sur cale le 7 décembre 1908, aux chantiers Blom & Voss de Hambourg, il est lancé le 7 avril 1910 et entre en service le 30 août 1911
En mai 1915 le Moltke participe à la bataille du Jutland, au cours de laquelle il toucha le croiseur de bataille britannique Tiger13 fois, et fut touché à 4 reprises, mais les navires s'en tirèrent tous les deux.
Le Motke se rendit aux alliés le 24 novembre 1918, et fut sabordé à Scapa Flow le 21 juin 1919, son épave à été relevée en 1927, et démantelée à Rosyth en 1929.

Le Goeben, qui nous intéresse plus particulièrement, est mis sur cale le 28 août 1909 aux chantiers Blohm & Voss à Hambourg, lancé le 28 mars 1911 et entre en service le 2 juillet 1912. Quand éclata la première guerre Balkanique en octobre 1912, le grand quartier général allemand envoie le croiseur de bataille Goeben, et le croiseur léger Breslau en Méditerranée pour faire respecter les intérêts allemands dans la région ; ils rejoignent Constantinople.

Le croiseur de bataille Goeben à son entrée en service en 1912.

Les deux navires appareillent de Kiel et arrivent à destination le 15 novembre 1912, les navires sont maintenus sur place lors du déclenchement de la deuxième guerre Balkanique, le 29 juin 1913, montrant le pavillon allemand dans prés de 80 ports de la Méditerranée. Ils sont sous le commandement de l'amiral Wilhelm Anton Souchon, (2 juin 1864 -13 janvier 1946). L'assassinat de l'archiduc François Ferdinand à Sarajevo, entraîne le maintien du Goeben sur zone. Il est caréné à Pola par des ingénieurs allemands.



Après avec canonné Philippeville et Bône en Algérie le 4 août 1914, les deux navires rejoignent la Turquie après avoir semé les escadres française et anglaise lancées à leurs trousses. Les Français trop loin ne peuvent les rattraper, les Anglais les rencontrent avant la déclaration de guerre, et ne peuvent intervenir, ensuite les Allemands leur font croire qu'ils se dirigent vers l'Adriatique, pour changer de cap au dernier moment, et foncent sur les Dardanelles, qu'ils franchissent , et sont transférés à la marine Ottomane alors neutre le 16 août 1914, et prennent les noms de Yavuz Sultan Selim (nom officiel jusqu'en 1936) pour le Goeben, et de Midilli pour le Breslau, toutefois ils conservent leurs équipages allemands, et le contre amiral Souchon devient commandant en chef de la marine turque, il a joué un rôle important dans la décision de l'empire ottoman d'entrer en guerre aux cotes de l'Allemagne et de l'empire austro-hongrois. Le 29 octobre 1914, le Yavuz bombarde Sébastopol sa première opération contre l'empire russe, il coule le mouilleur de mines Prut, et endommage le destroyer Leitenant Pushchin, la Russie déclare la guerre à l'empire Ottoman suivie par la France et la Grande Bretagne. Le 18 novembre 1914, il endommagea le cuirassé russe Evstafi au cours d'un duel d'artillerie. En décembre 1914, alors que le Yavuz et le Midilli escortent des transports de troupes, le Yavuz saute sur deux mines dans le Bosphore, il est endommagé et ne peut recevoir que des réparations provisoires, faute de bassin de radoub assez grand ; ce qui ne l’empêcha pas de continuer les escortes de convois, tout en engageant des navires russes sans résultat. La mise en service des dreadnought russes Imperatritsa Mariya et Imperatritsa Ekaterina Velikaya chargeant le rapport de force obligea l'amiral Souchon à plus de prudence; en février 1916 le Yavuz transporte des troupes et du matériel à Trebizonde pour tenter de stopper l'avance russe, le Yavuz et le Midilli sont utilisés en soutien des troupes à terre. En 1917 les deux navires sont bloqués par le manque de charbon.


Le Yavuz Sultan Selim en 1914 rallie l'Empire Ottoman

En décembre 1917, l'armistice est signé entre Istanbul et Petrograd, le 20 janvier 1918 le Yavuz et le Midilli quittent les Dardanelles et se dirigent vers la Palestine au large de l'île d'imbros, ils coulèrent les monitors Raglan et le M28; mais à l'entrée des Dardanelles, les deux navires tombèrent sur un champ de mines, le Midilli sauta sur plusieurs mines et sombra, le Yavuz sauta sur trois mines et du s'échouer, des avions et le monitor M17 anglais attaquèrent le Yavuz sans succés. Le Turgut Reis un vieux cuirassé ottoman, lui aussi ancien allemand, le remorqua jusqu'à Constantinople. Le 2 novembre 1918, le Yavuz devenait officiellement turc.

Le Yavuz le 20 janvier 1918 échoué, après avoir été endommagé par des mines

Suite à la guerre d'indépendance de Mustapha Kemal Atatürk, au traité de Lausanne du 24 juillet 1923, la république turque héritait de l'ancienne marine ottomane, et donc du Yavuz, qui resta jusqu'en 1926 abandonné à Izmir.. Il fut complètement refondu de fin 1928 à mars 1930 à Izmir, par les chantiers de Saint Nazaire Penhoet , la coque est réparée, les chaudières sont remplacées, la direction de tir reconstituée. En 1936 le nom de Yavuz Sultan Selim est officiellement simplifié en Yavuz.

En novembre 1938, il transporte les cendres de Mustapha Kemal Atatürk d'Istanbul à Izmir.
La Turquie étant neutre au cours du deuxième conflit mondial, le Yavuz n'intervient pas; sont armement anti aérien fut renforcé par 4 x 88 mm AA, 22 x 40mm et 24 x 20 mm; le mat arrière est supprimé, pour dégager le tir anti aérien.

Le Yavuz en novembre 1936 à malte,après sa refonte

Le 5 avril 1946, le Yavuz accueille le cuirassé américain Missouri ramenant le corps de l'ambassadeur de Turquie aux Etats-Unis.

Une photo hautement symbolique, le Yavuz (à droite sur la photo), accueille le cuirassé américain USS Missouri à Istanbul en avril 1946; deux générations de bâtiments de ligne, qui se sont distingués chacun, au cours d'une guerre mondiale.

Le Yavuz est mis en réserve en 1950, rayé en 1954, la proposition de le rendre à l'Allemagne en 1963, pour le préserver fut déclinée par Bonn.

Le Yavuz en 1955 à la fin de sa vie, le mat arrière a été supprimé pour dégager le tir anti aérien.

Il fut vendu à un chantier de démolition en 1971, et démantelé de 1973 à 1976.
Il aura donc eu une carrière particulièrement longue de 42 ans dont 40 ans sous pavillon ottoman, et turc, dernier croiseur de bataille ayant existé, ultime témoin d'une époque, il est dommage qu'il n'ai pu être conservé.

Alain

(photos collection Alain V)



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7 juillet 2009

Cap Arcona, Thielbek, Athen et Deutschland dans la plus grande tragédie maritime du monde

La plus grande catastrophe maritime mondiale est survenue le 3 mai 1945 dans la baie de Lübeck, sur la mer Baltique, et les navires concernés étaient Cap Arcona, Thielbek, Athen et Deutschland. Trois de ces navires furent bombardés et mitraillés par les chasseurs-bombardiers Hawker Typhoons de l'escadrille 263 de la Royal Air Force basée à Ahlhorn, de l'escadrille 197 basée à Celle et par ceux de l'escadrille 198 basée à Plantlünne. (source Alain Vancauwenberghe). Voir l'émission Les morts du dernier jour sur Planète Thalassa (19:55 - vendredi 10/07, jeudi 16/07, mercredi 22/07 et à 01:40 - samedi 18/07).
«Le convoi provenant du camp de Neuengamme arrive le 20 avril dans le port de Lübeck. Les détenus sont transférés dans les cales des cargos Athen (2 300) et Thielbeck (2 000). Ceux de l'Athen passent sur Cap-Arcona, un ancien paquebot, qui reçoit d’autres arrivages et finit par « héberger » 6 500 déportés gardés par 500 SS. Un quatrième navire, Deutschland, se trouve aussi dans la baie de Lübeck avec sa cargaison de détenus. Le 3 mai, Athen lève l’ancre et se dirige vers Neustadt. A 14 heures 30 une escadrille de chasseurs bombardiers de la RAF attaque les bateaux. En 30 minutes, le Thielbeck coule : seuls survivent 50 personnes. Puis c’est au tour du Deutschland. Aucun survivant. Le Cap-Arcona coule : 150 survivants. L’Athen échappe par miracle. Bilan total : 7 300 déportés disparus et 600 Allemands.


Qualifié de « roi de l’Atlantique Sud », Cap-Arcona (ci-dessus), un vapeur rapide d’une jauge de 27 571 tonneaux, était le vaisseau amiral de la flotte des transatlantiques de la HSDG (Hamburg-Südamerikanische Dampfschifffahrts-Gesellschaft) de Hambourg. Un paquebot de très grand luxe, élancé, à propulsion jumelée avec trois cheminées rouge et blanc. A l’intérieur, aucun détail n’avait été laissé au hasard : mobilier de très grande facture, suite royale, cabines victoriennes, jardin d’hiver, salle de sport, court de tennis... Un liner d’exception qui servit de décor, en 1942, à la version allemande d’un film sur le naufrage de Titanic.

Maquette de Cap Arcona (avant 1940) dans l'exposition du site commémoratif du camp de Neuengamme

Construit dans les chantiers navals Blohm & Voss de Hambourg, Cap-Arcona fut lancé le 14 mai 1927. Lors de ce voyage inaugural, toutes les grandes personnalités européennes étaient à bord. Côté français, on notait la présence de Pierre Clostermann, véritable légende de l’aviation mondiale. D’une longueur de 206 mètres, d’un tonnage de 27 500 tonnes et doté de cales profondes, il était considéré comme l’un des plus beaux navires de son temps. Son nom, Cap-Arcona, provient du kap Arkona sur l’île allemande de Rügen (Mecklembourg-Poméranie occidentale). Ce vapeur servit aussi bien à des croisières de luxe qu’à l’émigration, principalement vers l’Amérique du Sud. Le 3 décembre 1928, à Rio de Janeiro, un hydravion transportant l’élite intellectuelle brésilienne et chargé d’accueillir Santos-Dumont, qui était à bord, s’échoua près du navire. Pendant douze ans, Cap-Arcona avait enchaîné les croisières fabuleuses qui faisaient sa réputation. En 1933, il était l’orgueil du IIIe Reich, battant pavillon nazi sur tous les océans. Le 25 août 1939, il fut pourtant réquisitionné pour service de guerre. Après l’invasion de la Pologne, le vapeur fut accouplé au quai dans le port de Dantzig (Gdansk), en tant que logement flottant de la Kriegsmarine.

Cap Arcona, embrasé de la proue à la poupe, peu après l'attaque, le 3 mai 1945

Quatre ans après son naufrage, le cargo Thielbek, remis à flot et réparé, reprit du service sous le nom de Reinbek (ci-dessus). En 1961, la compagnie maritime Knöhr & Burchard vendit le Reinbek, qui navigua alors sous pavillon panaméen. En 1974, il fut démonté à Split, en Yougoslavie.

Athen est un cargo allemand de 1 936 tonneaux (comme Thielbek) requisitionné par la Kriegsmarine. Dans les derniers jours de la guerre, il transborda des déportés majoritairement juifs, essentiellement de Neuengamme, sur le Cap-Arcona que les Allemands voulaient faire couler afin d'exécuter les déportés. Le Cap-Arcona surpeuplé, Athen reçut 1998 déportés avant que l'aviation britannique n'attaque le groupe de navires. Mais le bateau ayant hissé le drapeau blanc, la Royal Air Force l'épargna.
L'Union soviétique s'empara du navire comme prise de guerre et le renomma Général-Brusilow. Le 27 mai 1947, il fut offert à la Pologne et rebaptisé Warynski, qui le fit naviguer entre Gdańsk et Buenos Aires. En 1973, il fut transformé en entrepôt flottant dans la ville de Stettin sous le code NP-ZPS 8.

Deutschland IV (1923) était un transatlantique de la compagnie Hapag. Il fut coulé durant le même raid aérien que le Cap-Arcona et le Thielbek, le 3 mai 1945

Lancé le 28 avril 1923, il effectua sa croisière inaugurale le 27 mars 1924, de Southampton à New York. Ce bateau eut des problèmes de tremblement dus à ces vibrations, il reçu le surnom de «Cocktail Shaker». Remotorisé en 1929 avec une vitesse de croisière réduite à 19 nœuds. En 1940, il devint un navire-logement pour la Kriegsmarine à Gotenhafen. En 1945, en sept passages, il transporta 70 000 réfugiés de l'Allemagne orientale vers l'Ouest. Il devint ensuite un navire-hôpital. Le 3 mai 1945, il fut brûlé puis coulé dans la baie de Lübeck au large de Neustadt par la même attaque aérienne britannique qui coula le Cap-Arcona et le Thielbek. Ces deux navires avaient été remplis de déportés de 24 nationalités différentes (dont des Français) pour être coulés. Des milliers d'entre eux sont morts. Au moment de l'incendie, aucun n'était à bord de Deutschland et l'équipage eut le temps de fuir. En 1948, il fut déséchoué et son épave démontée.

2 juin 2009

Uniformes marins et coloniaux à la fin du XIXe siècle dans les principaux pays européens (1/2)

Empire allemand (avant 1900)
(de gauche à droite
) officier de pont, officier de marine, Amiral (tenue de gala) officier mécanicien (tenue de gala), matelot, matelot artilleur (tenue de parade), matelot en tenue d’hiver, cadet, soldat d'infanterie de marine. Troupe coloniale pour le Sud-ouest africain : Officier (tenue de garnison), officier (tenue de campagne), sous-officier, supplétif soudanais, supplétif zoulou

Empire austro-hongrois
(de gauche à droite) matelots en tenue de pont d'hiver et d'été, capitaine de frégate (en grande tenue), officiers de marine (tenue de travail et de gala)

Royaume italien
(de gauche à droite) officier de marine (en uniforme ordinaire), amiral, sous-officier, matelot de 1re classe, bersagliere (tirailleur, en uniforme courant)

(source : institut bibliographique de Leipzig) A suivre…