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10 septembre 2012

31 août 1986 : perte du paquebot soviétique Amiral Nakhimov


 Hasard du calendrier, il y a exactement un an (jour pour jour!) que nous évoquions la biographie de l'amiral russe Pavel Nakhimov. Outre le film de Vsevolod Poudovkine réalisé dans l'immédiat après-guerre dans le grand style culturel de l'époque stalinienne, bien d'autres hommages furent attribués à ce héros russe. 

Passons sur les nombreuses statues et lieux géographiques pour rappeler que pas moins de quatre croiseurs portèrent son nom ainsi qu'un paquebot. C'est sur l'histoire de ce dernier que nous allons nous pencher aujourd'hui.
Comme souvent dans le domaine des paquebots européens, l'histoire commence sur l'Atlantique Nord... Au cours de l'entre-deux guerres, la concurrence est acharnée entre les différentes compagnies. Il y a les Britanniques (dont la Cunard bien sûr), la renommée Compagnie générale transatlantique française, les Italiennes, la Néerlandaise, la Polonaise... et les Allemandes. Parmi ces dernières, le Norddeutscher Lloyd de Brême fait construire par les chantiers Bremer Vulkan un nouveau navire qui est lancé le 24 mars 1925 sous le nom de Berlin. Achevé au cours de l'été, il quitte Bremerhaven pour New York pour la première fois le 26 septembre 1925. Avec son tonnage brut de 15 286 TJB, ses 174,3 mètres de long et 21,1 de large, son millier de passagers en trois classes, il ne fera pas partie des « grands » de l'entre-deux guerres comme Bremen ou Europa, il ne courra pas après le Ruban bleu. Comment faire avec une vitesse de 16 nœuds ?






Son fait d'armes à lui, c'est un sauvetage. Le 13 novembre 1928, il recueille 23 survivants du naufrage du paquebot britannique Vestris de la Blue Star Line, coulé la veille lors d'une tempête à 200 milles au large de Hampton Roads. 

 Onze ans plus tard, la guerre le transforme en navire-hôpital pour les forces allemandes. Il coule en Baltique le 1er février 1945 après avoir touché une mine. Il ne sera renfloué que quatre ans plus tard. Attribué à l'URSS, remis en état, il navigue en mer Noire pour la Black Sea Steamship Company après avoir été rebaptisé du nom du héros russe. 

Mais il reste bien sûr un navire de la flotte de l'état. A ce titre, il est utilisé comme transport vers Cuba lors de la crise de 1962 puis retrouve les eaux du Pont Euxin. De nombreuses années s'écoulent sans incident et permettent à des travailleurs méritants et à quelques privilégiés du Parti de voyager à son bord.

Cela jusqu'en août 1986. Dans la soirée du 31 août, le paquebot navigue entre Novorossiisk et Sochi. Le vraquier Pyotr Vasev également. Les routes des deux navires semblent devoir se croiser mais un contact radio rassurant écarte toute crainte. A tort... A 23 heures 12, le cargo éperonne le flanc tribord du paquebot qui a à son bord plus de 1 200 personnes. Se déroulent maintenant à bord du vieux paquebot les scènes toujours décrites de la même manière dans tous les récits de naufrage. La gîte s'installe puis s'aggrave. Les lumières du bord vacillent avant de s'éteindre complètement, les embarcations de sauvetage ne peuvent être descendues... Les passagers crient, se rassemblent, certains sautent à l'eau, s'accrochent à ce qui flotte autour d'eux...

La disparition du paquebot est rapide, moins de dix minutes selon ce qu'on entendra ultérieurement. La côte était proche (4 milles), le port de Novorossiisk distant de huit milles. De nombreux bateaux et hélicoptères arrivent donc rapidement pour porter secours comme le fait l'équipage du cargo car celui-ci n'a pas subit de gros dommages. Les chiffres officiels annoncent que 836 personnes sont sauvées et que l'accident a fait 423 victimes (dont 64 membres d'équipage). L'enquête officielle a conclu au partage des responsabilités entre les deux commandants qui furent condamnés à quinze ans d'emprisonnement avant d'être libérés en 1992.

Tous clichés DR.













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5 février 2011

23 décembre 1963 : naufrage du paquebot Lakonia

Le navire qui fit l'actualité de la fin de l'année 1963 est plus connu sous son dernier patronyme de Lakonia que sous celui de Johan van Oldenbarnevelt qu'il porta initialement. Comme beaucoup de paquebots historiquement importants, il connut plusieurs vies, servit plusieurs maîtres et traversa plusieurs conflits. Certains diront "c'était un vrai navire" qui vécut plus de trente ans d'une riche carrière.


Avec son sister-ship, Marnix van Sint Aldegonde, il fut le plus grand (185,4 mètres de long, 22,8 mètres de large, 19 040 TJB) et le plus luxueux paquebot néerlandais de l'entre-deux guerres à desservir la ligne des colonies néerlandaises orientales de la Stoomvaart Maatschappij Nederland (Nederland Line). Ses installations pour 720 passagers comportaient quatre classes et un grand nombre de cabines pouvaient être utilisé de façon alternative. Son équipage était constitué de 360 membres. Des artistes renommés avaient participé à sa décoration et son confort était, pour l'époque, particulièrement étudié. Mais le navire était également destiné au transport des marchandises à acheminer vers la métropole européenne. Il pouvait embarquer 9 000 tonnes de marchandises diverses, réparties dans sept cales. Ses capacités de transport sont donc à la fois importantes et adaptées aux routes à traverser en particulier quant à la température ambiante qui subit de grandes variations au cours de ses longs voyages.


Construit aux chantiers Nederlandsche SB Mij. d'Amsterdam, le navire est lancé le 3 août 1929 par Mrs Tegelberg-Hooft, épouse d'un important directeur de la compagnie. Le 6 mai 1930, il effectue son premier voyage marqué, quelques heures après avoir quitté Amsterdam, par une collision avec le cargo Reggestrom dans le Nordzee Canal. Heureusement, les dégâts ne sont que mineurs et après une réparation rapide, il reprend sa route et parviendra à destination selon l'horaire prévu. Rien ne se passe lors des neuf années suivantes lors de rotations régulières entre Amsterdam et Djakarta, entrecoupées de croisières aux itinéraires variés. Mais la guerre vient ensanglanter l'Europe et le navire est transféré sur la route Djakarta – New York avant de servir de transport.

Durant le conflit, il va effectuer de nombreuses centaines de milles, transportant soldats et matériels pour le compte des forces alliées. Grâce aux transformations effectuées par le chantier Harland & Wolff au début de l'année 1941, il peut transporter jusqu'à 4 000 hommes. Enfin, en mars 1946, il retrouve le pavillon néerlandais et la route de l'Asie qu'il connaît bien mais bientôt un autre conflit va à nouveau l'en détourner. Il s'agit de celui de l'indépendance des colonies néerlandaises. Le trafic vers les colonies ne justifie plus la présence de ce grand navire sur la ligne ; il est donc transféré sur la route qui dessert l'Australie et la Nouvelle Zélande au départ d'Amsterdam. Le 2 septembre 1950, c'est le premier départ d'Amsterdam pour Sydney et l'année suivante la transformation en navires d'émigrants pour cette même ligne. Ses capacités lui permettent maintenant d'accueillir en une classe unique 1 400 passagers qui ont choisi d'émigrer de l'Europe vers l'hémisphère sud. En 1959, il faut à nouveau adapter la route. Après de nouveaux réaménagements (c'est de cette époque que date le rehaussement de ses deux cheminées et les modifications de ses mâts qui modifient fortement sa silhouette), le paquebot dessert maintenant la route circulaire Amsterdam - Suez - Australie - Nouvelle Zélande - Panama - New York - Amsterdam. Il poursuit également ses croisières dans l'hémisphère sud. Il navigue sur cette route jusqu'en septembre 1962. Au cours du mois de mars 1963, il est transféré à la Greek Line ainsi que le stipulait un acte de vente signé l'année précédente. Quelques adaptations dans un chantier génois, un nouveau nom, Lakonia sous lequel il fera l'actualité quelques mois plus tard, et voilà l'ancien paquebot de ligne transformé en paquebot de croisière à temps plein. Son nouvel armateur, Goulandris, est grec mais c'est principalement dans l'Atlantique qu'il navigue, vers les Canaries au départ de Southampton. Quelques problèmes techniques nécessitent à l'automne un arrêt aux chantiers de Southampton mais, c'est promis, le navire sera prêt pour les croisières de fin d'année. On profite de cet arrêt technique pour faire quelques modifications dans ses emménagements et sa décoration intérieure.

Le jeudi 19 décembre 1963, Lakonia quitte Southampton sous les ordres du commandant Mathias Zarbis avec son bord 646 passagers et un équipage de 376 personnes pour une croisière de onze jours. Destination l'île de Madère puis l'archipel des Canaries avec escales aux magnifiques îles de Tenerife (Santa Cruz) où l'on passera le jour de l'An et Gran Canaria (Las Palmas). Vraiment de belles escales, destinées à faire oublier l'hiver. L'arrivée à Funchal est prévue pour le lundi 23 décembre, le matin bien sûr afin de profiter de la journée.

En attendant cette escale, une soirée de fête et de chants est organisée le dimanche 22 décembre avec la participation des passagers au spectacle. Le commandant y assiste, ainsi que le veut son rôle social. Mais, peu après 23 heures, un marin arrive dans le grand salon où la fête se déroule. Certains spectateurs le voient se pencher vers le commandant et lui parler brièvement à l'oreille. Puis le commandant se lève et quitte rapidement le salon. Très peu de temps après cet incident, les premières fumées envahissent le salon, insidieusement d'abord puis de plus en plus rapidement, en provenance de la cage d'escalier toute proche. Les passagers se dirigent rapidement vers les issues de la salle et commencent à gagner les ponts ouverts. Ils y retrouvent ceux qui n'assistaient pas au spectacle et ont été alertés par des bruits inhabituels et, sortis de leur cabine, par la fumée dans les coursives. D'autres gagnent les points de rassemblement, comme durant l'exercice de sauvetage qui a eu lieu peu après le départ. Ce n'est pas encore la panique mais des cris se font entendre, la précipitation et l'anxiété deviennent perceptibles. Chacun cherche à se rapprocher des membres de sa famille ou de son groupe d'amis. On s'interpelle, on se bouscule. Les gilets de sauvetage commencent à apparaître sur les épaules de nombreux passagers. Un crédit particulier est à porter à George Herbert, le directeur de croisière. Les passagers raconteront comment ses efforts ont permis d'organiser au mieux, dans des conditions difficiles, l'évacuation et d'éviter qu'apparaissent des scènes de panique.


C'est dans la boutique du coiffeur que l'incendie vient de se déclarer. Malgré les efforts de l'équipage, qui semble peu entraîné à réagir à cette situation, le feu ne peut être maîtrisé et s'étend à l'ensemble du navire. À 23 heures 30, le radio envoie le SOS. L'ordre d'abandonner le navire est donné. Mais l'évacuation est rendue difficile par le nombre de canots de sauvetage que, en raison d'une maintenance défectueuse, il est impossible d'abaisser correctement. Ce sont près de 200 passagers qu'il est impossible d'évacuer et qui vont rester prisonniers du navire en feu. On les rassemble dans le shopping center vers l'avant car le feu s'est emparé de tout le centre du navire. Ils sont nombreux ceux qui vont sauter à l'eau pour s'échapper. D'autres descendront le long de la coque avec des cordes ou par les échelles de coupée qui ont été abaissées.


Plusieurs navires répondent au SOS. En quatre heures, le paquebot argentin Salta, en route de Gênes vers Buenos Aires est sur les lieux. Immédiatement, il met ses canots à l'eau pour recueillir le maximum de naufragés qui étaient à l'eau. Il est suivi du Montcalm, une demi-heure plus tard. Puis c'est le Charlesville, le Rio Grande, le paquebot britannique Stratheden de P & O, Mehdi, le vraquier panaméen et le bâtiement de la Royal Navy HMS Centaur qui rallient.


Des avions arrivent également, qui vont larguer sur le site des canots gonflables, des vivres et des kits de survie. Surtout, ils vont rechercher d'éventuels survivants que le courant aurait éloigné de l'épave. Et ils en retrouveront, certains éloignés de plusieurs kilomètres. Mais ils trouveront également, flottant sur l'eau, des corps sans vie. Malgré plusieurs explosions, les membres de l'équipage du Charlesville monteront à bord du Lakonia encore en feu pour s'assurer qu'il n'y a plus personne à bord. Ils ramèneront le commandant Zarbis qui sera le dernier homme à quitter le navire.

Au lever du jour, ceux qui sont encore sur place ont la triste vue de la fumée s'échappant en plusieurs endroits des restes d'un beau navire qui gîte sur tribord. Éclatée, la peinture de la coque tombe sur l'eau calme par grands lambeaux.

Le 24 décembre, la carcasse fumante du navire est prise en remorque par le remorqueur de sauvetage Herkules afin de le ramener à Gibraltar. Mais cette tentative se solde par un échec : le navire coule le 29 décembre au large de Gibraltar.

Inévitablement une enquête va s'ensuivre sur le naufrage et ses causes. Elle va être longue et fera apparaître des lacunes dans les équipements de sauvetage et la gestion du drame qui aura fait 98 morts parmi les passagers et 30 parmi l'équipage. Néanmoins, bon nombre de passagers attesteront du courage et du travail des hommes d'équipage.



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7 janvier 2011

Le naufrage du Morro Castle



Parmi les paquebots de la Ward Line, Morro Castle est certainement le plus célèbre mais pour une bien triste raison, celle de sa perte par incendie en septembre 1934.

Le Morro Castle est un beau navire, spécialement destiné à cette ligne. Il a été lancé le 5 mars 1930 par les chantiers de Newport News en Virginie pour un coût estimé à US$ 5 millions, son armateur bénéficiant des subventions de l'état américain pour relancer l'économie mise à terre par la crise de 1929. Le navire porte le nom de la célèbre citadelle qui veille sur l'entrée du port de La Havane depuis 1589. Son sister-ship, Oriente, ne sera pas retenu par l'histoire et ne restera dans la mémoire que de quelques passionnés de navires. Les deux paquebots apparaissent comme les plus belles unités de la flotte de la compagnie qui détient la convention du transport du courrier à destination de Cuba.



Le départ du voyage inaugural a lieu le 23 août 1930. Même si la date n'est pas favorable en raison de la crise économique qui secoue le pays, les voyages du paquebot vont permettre à certains Américains d'oublier pendant une semaine les problèmes économiques. Ses dimensions ne sont pas celles d'un transatlantique mais ses locaux confortables et la décoration est recherchée. Calquée sur celle de certains navires européens très appréciés de la clientèle américaine, elle comprend un salon de style Louis XVI, un fumoir Renaissance et un salon Empire. Le bois, omniprésent dans sa décoration et son mobilier, donne une sensation d'environnement confortable voire luxueux, comparable à celui d'un yacht privé. Les passagers gardent généralement un bon souvenir de leur passage à bord d'un beau navire. C'est particulièrement vrai en ce début des années trente ; les effets de la récente crise économique qui a mis le monde à plat commencent à s'estomper, ce voyage d'une semaine au départ de New York est l'occasion pour beaucoup de ses passagers de voir se concrétiser le retour à une vie normale. Cette croisière au départ de New York vers La Havane (qui est la seule escale) se déroule toutes les semaines. Enfin, quelques mots de technique pour préciser que les deux machines General Electric du navire lui procurent une puissance de 16 000 CV et lui permettent d'atteindre la vitesse de plus de 20 nœuds.

Le navire a quitté La Havane le 4 septembre pour gagner New York ainsi qu'il le fait régulièrement depuis sa mise en service en août 1930. Pour ce voyage, se trouvent à son bord 318 passagers, pour la plupart des touristes et 240 hommes d'équipage. Hier soir déjà, le 7 septembre, lors du voyage de retour, s'était produit un événement exceptionnel dans l'histoire de la marine : le capitaine Robert Wilmott avait été trouvé mort dans sa salle de bains. Le décès de cet officier de 55 ans n'avait pas manqué de laisser les rares personnes s'interroger au courant mais la conclusion d'un décès pour raison cardiaque semblait les satisfaire. Le commandement avait donc échut au second, Williams Warms, à bord depuis un an, bon officier, expérimenté (ayant passé 35 ans à la mer après avoir commencé comme novice) mais dont on dit (et ses antécédents maritimes semblent le prouver) qu'il n'est pas très à cheval sur les points de règlement concernant la sécurité à bord.

Hormis cet événement tragique, la marche du navire se déroule sans problème malgré le fait qu'une chaudière ait été mise à l'arrêt, à environ 20 nœuds, et l'horaire est respecté malgré la pluie importante et une mer qui forcit d'heure en heure. Le navire devrait atteindre le port de New York d'ici une douzaine d'heures. Pendant ce temps, les passagers se préparent à assister au dernier dîner de la croisière et à profiter de leur dernière soirée à bord. Peu après minuit, les premières lumières de la côte du New Jersey deviennent visibles, comme pour annoncer que la fin du voyage et maintenant très proche. A deux heures, le nouveau commandant est encore à la passerelle malgré l'heure tardive et en la quittant, il décide de faire le tour de ce navire dont il a maintenant la responsabilité. Quelques passagers sont encore debout, certains sous les effets de cet alcool dont ils vont à nouveau être privés dans les heures qui viennent. Warms, à part cela, ne remarque rien de particulier. Revenu à sa cabine, il est rapidement informé qu'un départ de feu a été remarqué au salon d'écriture. Logiquement, il envoie un homme sur place pour faire le point de la situation. Celui-ci détermine l'origine de l'incendie : un réduit du salon d'écriture. Malgré son apparente innocuité, le feu résiste aux tentatives de l'officier de l'éteindre au moyen de l'extincteur dont il s'est muni. Rapidement, le feu prend de l'importance, aidé dans sa propagation par les boiseries de la décoration. L'alerte est donnée parmi l'équipage, des hommes arrivent sur les lieux mais les quelques lances à incendie mises en action ne bénéficiant que de peu de pression (en raison de la chaudière arrêtée), les incendies se propagent ; les flammes et la fumée commencent à envahir plusieurs parties du navire. C'est maintenant dans tout le navire qu'il faut lutter mais le combat est rendu difficile toujours par ce manque de pression dans les conduites mais aussi par le temps nécessaire à la mise en œuvre de conduites qui avaient été verrouillées afin d'éviter qu'elles ne deviennent un instrument de jeu pour certains passagers trop alcoolisés comme cela avait déjà été le cas lors d'un précédent voyage.

A la passerelle, où aucun signal d'alerte n'a retentit, le commandant décide alors de diriger le navire vers la côte du New Jersey. Mais le vent attise l'incendie qui ravage maintenant plusieurs ponts , la fumée s'insère partout y compris dans la salle de radio où les deux opérateurs attendent les ordres. Beaucoup de choses seront dites ultérieurement sur les deux hommes, en particulier sur le responsable du service George White Rogers pour lequel on parlera de "psychopathie" et de passé délictueux. Son second, George Alagna, aurait quant à lui été un agitateur social. Quoi qu'il en soit, ils firent plusieurs tentatives pour joindre la passerelle et demander des ordres, soit en s'y rendant soit en cherchant à la joindre téléphoniquement. Toutes les tentatives furent vaines. Pendant ce temps, la cabine radio subit de plus en plus de dégâts créés par la chaleur qui y devient insupportable et émanations gazeuses provenant des batteries des appareils. Enfin, à 3 heures 20, le message de détresse est envoyé



Bien qu'aucune annonce officielle n'ait été faite, les passagers, dont la fumée et le bruit ont attiré l'attention commencèrent à se rassembler sur les ponts. Les scènes de panique commencèrent avec les cris des passagers certains se mettent à prier ou à chanter, d'autres invectivent les quelques hommes d'équipage présents qui n'ont reçu aucun ordre et parfois même ne comprennent pas l'anglais des passagers. La panique gagne également certains marins ; les passagers réclament des gilets de sauvetage que les marins ne peuvent fournir, les embarcations de sauvetage fonctionnent mal ou pas du tout. Certaines sont abaissées par les passagers eux-mêmes et donc dans de mauvaises conditions. Des passagers commencent à sauter par-dessus bord

Dans la nuit, les flammes émergeant du Morro Castle sont aperçues de plusieurs endroits. De terre d'abord par un poste d'observation de l'US Coast Guard. Mais depuis la mer également. Cela explique que, même si aucun message de détresse n'a encore été envoyé du navire en détresse, plusieurs autres navires qui naviguent à proximité sont déjà informés de l'accident.



Plusieurs navires se détournent de leur route pour se diriger rapidement vers les lieux du sinistre. Le cargo Andrea Luckenbach est le premier à y parvenir. Il est alors 4 heures 30. Immédiatement, ses canots sont descendus à l'eau et recueillent une vingtaine de passagers qui avaient sauté des ponts ou même des hublots de leur cabine. Le paquebot Monarch of Bermuda, de la Furness Line, en recueille peu après 71. Parmi les autres navires qui portent secours se trouvent le President Cleveland, le City of Savannah, le cutter Tampa de l'US Coast guard et le destroyer USS Chester. Arrivent également sur place des bateaux venus de terre. Le premier d'entre eux, le Sea Girt lui aussi de l'USCG, qui avait été envoyé dès que les flammes du Morro Castle avaient été aperçues du rivage. Il recueille 70 personnes qui sont rapidement transférées sur l'Andrea Luckenbach. D'autres petites embarcations se lancent également dans le sauvetage depuis le bord, chacun ramènera quelques survivants

Le commandant Warms accepte la proposition du commandant du Tampa de tenter le remorquage du paquebot. Mais de nombreuses difficultés sont à résoudre. Le paquebot en détresse va être pris en remorque par le Tampa, cutter de l'US Coast Guard. Mais il faut du temps pour cela, pour mettre la remorque en place. Enfin c'est chose faite et le remorquage peut commencer sur une mer qui ne s'y prête pas tant elle est violente et le cutter peu adapté à cette tâche. Mais finalement, après que la remorque ait cassé, la carcase encore fumante du paquebot va 'échouer sur la plage d'Asbury Park. C'est là que ds hommes montés à bord pourront inspecter le navire. Il y trouveront les corps ds officiers restés à bord et des 134 morts qui n'ont pu quitter le navire à temps.





Malgré les apparences que la compagnie laissait régner, le Morro Castle n'était pas un " navire heureux ". En particulier, de nombreux membres de l'équipage se plaignaient des conditions de travail et d'un salaire parfois inférieur aux règles de la profession. Seule la difficulté à trouver un emploi durant cette époque économiquement troublée les faisait rester à bord. Plusieurs membres d'équipage n'hésitaient d'ailleurs pas à faire connaître leur mécontentement : parmi ceux-ci figure l'opérateur radio Georges Alagna, d'autres profitaient de ces voyages pour faire de la contrebande d'alcool en ces temps où la prohibition régnait sur le territoire des états-Unis. Et bien entendu, comme dans tout rassemblement humain, il faut faire avec les mésententes et rivalités entre les hommes comme par exemple entre Warms le commandant récememnt promu et Abbott le chef mécanicien.

Après avoir envisagé de nombreuses hypothèses, dont certaines faisant été des rumeurs que nous verrons plus loin, l'enquête officielle, qui se déroula le 10 septembre, aboutit simplement à la conclusion d'un incendie accidentel par la combustion spontanée de solvants utilisés pour l'entretien du navire. Les conséquences de l'incendie ayant été aggravées par le retard à donner l'alerte et la mauvaise gestion de l'équipage dans le domaine des interventions d'urgence. Deux officiers, Warms, le commandant et Abbott, le chef-mécanicien, furent poursuivis devant un grand jury pour négligence envers les devoirs de leur fonction. La condamnation d'emprisonnement qui fut prononcée sera annulée en appel.

Tous les naufrages de grands paquebots ont fait l'objet de récits discordants faisant intervenir des éléments non contrôlables. Il est toujours facile a posteriori de rappeler que tel ou tel a fait état d'une prémonition ou qu'une lettre annonçant un imminent désastre avait été reçue au siège de la compagnie. C'est souvent le cas après une catastrophe. Ainsi le Morro Castle n'échappa pas à de telles rumeurs : avant de mourir le commandant avait prévenu son second qu'il sentait que quelque chose allait se produire

Et puis n'y avait-il pas déjà eu un incendie à bord lors d'un voyage précédent qui avait été attribué à des agitateurs communistes ? ou peut-être à un incendie d'explosifs entreposés dans cette cale ? de même, il a été dit que certains marins se livraient à un trafic d'armes. Certains soutiennent que le commandant Wilmott avait été informé par la police cubaine peu avant l'appareillage qu'un attentat devait avoir lieu à bord et que sa propre vie était en jeu. C'est vraisemblablement pour cette raison qu'il n'apparut que peu au cours de la traversée, donnant la plupart de ses ordres par téléphone. Sont néanmoins surprenants ses ordres de débrancher le système de détection de fumée et d'annuler l'exercice de sauvetage… le comportement du chef mécanicien Abott n'est pas non plus sans poser de questions. Pourquoi cet officier expérimenté se retrouve-t-il, au beau milieu d'une vrie situation d'urgence, en uniforme sur la passerelle au moment où il serait plus utile auprès de ses machines? Comment se fait-il qu'on le verra monter parmi les premiers dans un canot de sauvetage, qu'entouré d'autres membres d'équipage, il ordonnera d'affaler

L'origine de l'incendie a bien sûr fait elle aussi l'objet de spéculations y compris l'hypothèse de l'incendie criminel allumé par un officier dont la compagnie ne savait pas reconnaître les mérites… Aucune cause précise et certaine n'a jamais été avancée pour expliquer l'embrasement de ce placard de la salle de lecture, même si le stockage du "Lyle gun" (matériel destiné à permettre une évacuation rapide par filin et utilisant une petite charge explosive) a joué un rôle initiateur ou aggravant.

Au moment de dresser le bilan définitif, on retient le chiffre de 134 morts (dont 90 passagers). Le fait que le navire s'échoua sur la côte du New Jersey joua un grand rôle dans le caractère spectaculaire de l'accident. Il est en effet exceptionnel que le grand public puisse voir de ses propres yeux la coque calcinée d'un grand paquebot gisant sur une plage à marée basse. Celle du Morro Castle restera plusieurs mois sur la plage d'Asbury Park, devenant l'objet de promenades familiales et subissant les effets du vent et de la mer. Il faudra attendre plusieurs mois avant que l'épave ne soit renflouée puis remorquée vers Baltimore et démolie.





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30 janvier 2010

30 janvier 1945 : torpillage du Wilhelm Gustloff


Le 30 janvier 1945, le paquebot allemand Wilhelm Gustloff est torpillé en mer Baltique. Le nombre des victimes est énorme : entre 7 000 et 9 000 passagers périssent. C'est la plus grande catastrophe maritime de tous les temps.

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