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10 septembre 2012

31 août 1986 : perte du paquebot soviétique Amiral Nakhimov


 Hasard du calendrier, il y a exactement un an (jour pour jour!) que nous évoquions la biographie de l'amiral russe Pavel Nakhimov. Outre le film de Vsevolod Poudovkine réalisé dans l'immédiat après-guerre dans le grand style culturel de l'époque stalinienne, bien d'autres hommages furent attribués à ce héros russe. 

Passons sur les nombreuses statues et lieux géographiques pour rappeler que pas moins de quatre croiseurs portèrent son nom ainsi qu'un paquebot. C'est sur l'histoire de ce dernier que nous allons nous pencher aujourd'hui.
Comme souvent dans le domaine des paquebots européens, l'histoire commence sur l'Atlantique Nord... Au cours de l'entre-deux guerres, la concurrence est acharnée entre les différentes compagnies. Il y a les Britanniques (dont la Cunard bien sûr), la renommée Compagnie générale transatlantique française, les Italiennes, la Néerlandaise, la Polonaise... et les Allemandes. Parmi ces dernières, le Norddeutscher Lloyd de Brême fait construire par les chantiers Bremer Vulkan un nouveau navire qui est lancé le 24 mars 1925 sous le nom de Berlin. Achevé au cours de l'été, il quitte Bremerhaven pour New York pour la première fois le 26 septembre 1925. Avec son tonnage brut de 15 286 TJB, ses 174,3 mètres de long et 21,1 de large, son millier de passagers en trois classes, il ne fera pas partie des « grands » de l'entre-deux guerres comme Bremen ou Europa, il ne courra pas après le Ruban bleu. Comment faire avec une vitesse de 16 nœuds ?






Son fait d'armes à lui, c'est un sauvetage. Le 13 novembre 1928, il recueille 23 survivants du naufrage du paquebot britannique Vestris de la Blue Star Line, coulé la veille lors d'une tempête à 200 milles au large de Hampton Roads. 

 Onze ans plus tard, la guerre le transforme en navire-hôpital pour les forces allemandes. Il coule en Baltique le 1er février 1945 après avoir touché une mine. Il ne sera renfloué que quatre ans plus tard. Attribué à l'URSS, remis en état, il navigue en mer Noire pour la Black Sea Steamship Company après avoir été rebaptisé du nom du héros russe. 

Mais il reste bien sûr un navire de la flotte de l'état. A ce titre, il est utilisé comme transport vers Cuba lors de la crise de 1962 puis retrouve les eaux du Pont Euxin. De nombreuses années s'écoulent sans incident et permettent à des travailleurs méritants et à quelques privilégiés du Parti de voyager à son bord.

Cela jusqu'en août 1986. Dans la soirée du 31 août, le paquebot navigue entre Novorossiisk et Sochi. Le vraquier Pyotr Vasev également. Les routes des deux navires semblent devoir se croiser mais un contact radio rassurant écarte toute crainte. A tort... A 23 heures 12, le cargo éperonne le flanc tribord du paquebot qui a à son bord plus de 1 200 personnes. Se déroulent maintenant à bord du vieux paquebot les scènes toujours décrites de la même manière dans tous les récits de naufrage. La gîte s'installe puis s'aggrave. Les lumières du bord vacillent avant de s'éteindre complètement, les embarcations de sauvetage ne peuvent être descendues... Les passagers crient, se rassemblent, certains sautent à l'eau, s'accrochent à ce qui flotte autour d'eux...

La disparition du paquebot est rapide, moins de dix minutes selon ce qu'on entendra ultérieurement. La côte était proche (4 milles), le port de Novorossiisk distant de huit milles. De nombreux bateaux et hélicoptères arrivent donc rapidement pour porter secours comme le fait l'équipage du cargo car celui-ci n'a pas subit de gros dommages. Les chiffres officiels annoncent que 836 personnes sont sauvées et que l'accident a fait 423 victimes (dont 64 membres d'équipage). L'enquête officielle a conclu au partage des responsabilités entre les deux commandants qui furent condamnés à quinze ans d'emprisonnement avant d'être libérés en 1992.

Tous clichés DR.













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10 septembre 2011

L'amiral Pavel Nakhimov

La marine de l'ancien régime russe compte de nombreux amiraux dont l'intermède soviétique, paradoxalement respectueux de l'histoire qui l'a précédée, n'a pas cherché à gommé le souvenir. Parmi ceux-ci, figure Pavel Stepanovich Nakhimov (5 juillet 1802 - 12 juillet 1855) resté célèbre pour avoir commandé les forces russes durant le siège de Sébastopol, au cours de la Guerre de Crimée. Comme bon nombre d'autres officiers supérieurs de l'époque, il est fils d'officier et, ainsi, destiné à une carrière militaire. Il entra à l'Académie navale de Saint-Pétersbourg en 1815 dont il sortit en 1818, avant d'être immédiatement intégré à la Flotte de la Baltique. En mars 1822, il accompagne Mikhaïl Lazarev dans un voyage d'exploration qui dure trois ans et au cours duquel il est nommé lieutenant. Enfin, à l'été 1827, il appareille à bord du vaisseau Azov (vaisseau-amiral de l'escadre russe pour la Méditerranée). Il reçoit son baptême du feu lors de la bataille de Navarin en 1827, durant laquelle la flotte alliée détruisit la flotte Ottomane. Il y reçoit également une promotion devenant capitaine d'un bâtiment ennemi capturé.

Puis vint la bataille de Sinope le 30 novembre 1853 au cours de laquelle Nakhimov commande la flotte russe qui écrase la flotte ottomane après un bref combat.

Quelques mois plus tard, c'est le début de la guerre de Crimée. Après que la France et le Royaume-Uni (soutenant l'empire ottoman) ait déclaré la guerre à la Russie, au début de l'année 1854, afin de soutenir l'empire ottoman arrive le siège de Sébastopol au cours duquel les qualités de commandement de Nakhimov lui permettent de se faire remarquer dont il organise la défense mais il est abattu le 28 juin 1855 à Malakoff. Sa dépouille se trouve à la cathédrale St Vladimir de Sébastopol aux côtés d'autres personnalités russes.

Le réalisateur soviétique Vsevolov Poudovkine lui consacrera en 1946 l'une de ses réalisations biographiques imposées par Staline.


Mais (outre les nombreux monuments que l'on peut rencontrer dans les villes russes) bien d'autres témoignages nationaux contribueront à conserver le souvenir de ce marin : le collège naval de St Petersbourg, porte son nom ainsi qu'un paquebot (l'ancien allemand Berlin construit en 1925 qui coule en Méditerranée en 1986 et sur l'histoire duquel nous reviendrons dans un prochain article) et plusieurs croiseurs des marines soviétique, russe et même ukrainienne. Citons également l'Ordre of Nakhimov et la médaille de Nakhimov décernée aux marins de la flotte russe susceptibles d'être honorés.







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