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12 février 2011

12 février 1942 : opération Cerberus - des cuirassés allemands dans le Pas de Calais.

Le 12 février 1942; les cuirassés allemands Sharnhorst et Gneisenau passaient le détroit du Pas de Calais, pour rentrer en Allemagne.
Les cuirassés Sharnhorst et Gneisenau après avoir attaqué les convois alliés dans l'Atlantique Nord, du 18 janvier au 23 mars 1941, et coulé 22 navires marchands, regagnent le port de Brest, qui constitue une excellente base sur l'Atlantique pour effectuer des raids contre les convois alliés, mais qui dispose en outre de toutes les facilités pour réparer et entretenir de grands navires, avec son arsenal et ses bassins de radoub. Le Sharnhorst et le Gneisenau sont rejoint le 1er juin 1941, par le croiseur lourd Prinz Eugen, qui doit réparer ses moteurs, après l'Opération Rheinubung, au cours de laquelle ont été coulés le croiseur de batailles britannique Hood, le 24 mai 1941, suivi le 27 mai 1941 par la perte du cuirassé allemand Bismark.

Toutefois les navires allemands présents à Brest font l'objet d'attaques aériennes de plus en plus fréquentes; en outre l'opération Barbarossa, consistant en l'invasion de l'Union Soviétique ouvre un nouveau front, les convois alliés chargés de soutenir l'effort de guerre Soviétique en livrant du matériel de guerre, relient désormais les Iles britanniques aux ports de Mourmansk et Arkangelsk, en longeant les cotes norvégiennes, les cuirassé allemands seraient donc plus utiles en Norvège, pour attaquer ces convois.
Il est donc décidé de rapatrier les grands navires allemands stationnés à Brest; toutefois deux routes sont possibles pour regagner leur base en Allemagne; soit par le détroit du Danemark en contournant les Iles britanniques par le nord, route longue est surveillée par la Home Fleet; soit passer directement par le détroit du Pas de Calais, devant les cotes britanniques, ce qui constitue un pari risqué; c'est pourtant ce trajet qui est retenu par Hitler. L'organisation de l'opération est confiée au Commandant Naval de l'Ouest à Paris, l'amiral Alfred Saalwachter, et l'exécution au Vice amiral Otto Ciliax, commandant le groupement des navires à Brest, et qui a sa marque sur le cuirassé Scharnhorst. L'opération est préparée par une campagne de dragage des mines, des stations de brouillage de radars sont mis en place, des U-boots sont chargés des observations météo, des destroyers sont envoyés à Brest, pour renforcer l'escorte. L'amiral Ciliax est pessimiste sur l'issue de l'opération, mais l'ordre d'Hitler ne souffre pas de contestation.

Il ne fait aucun doute pour les Brestois que les bâtiments se préparent à partir, aussi pour essayer de tromper les éventuels informateurs britanniques, sur la destination des navires, des rumeurs de départ vers l'Atlantique Sud sont diffusées, des tenues et casques tropicaux sont embarqués ostensiblement. Les britanniques ne disposaient dans la Manche que de six destroyers, et trois destroyers d'escorte, sous les ordres du Vice amiral Ramsay, insuffisant pour inquiéter les allemands, ceux ci comptent pour réussir l'opération avant tout sur l'effet de surprise.

L'endroit le plus dangereux pour les allemands était le passage devant Douvres-Calais, ou les navires seront à portée des batteries côtières anglaises, les allemands quittent Brest de nuit pour éviter d’être repérés, mais cela implique le passage du Pas de Calais au milieu de la journée. La première partie du trajet se passe bien, leur départ n'a pas été signalé, les radars britanniques ne les ont pas détectés. Deux Spitfires les ont bien aperçu dans la Manche, mais n'étant pas chargés de leur recherche, et ne devant pas lever le silence radio, ils n'ont informé le commandement britannique qu'a leur retour.

De vieux Fairey Swordfish attaquent les navires allemands enfin repérés, avec beaucoup de courage et de pertes, mais sans dommages pour les allemands. Le 12 février, le Bomber Command réagit enfin, mais tardivement, et lance des attaques également sans succès; pas moins de 675 avions de la RAF décollent pour rechercher et attaquer les navires allemands, toujours aucun résultat. A midi l'escadre allemande passe le Cap Gris Nez, a limite de portée des batteries côtières, qui tirent sur les navires qui progressent en zig zag à 30 nœuds, la mauvaise visibilité empêche d'ajuster le tir, aucun navire n'est atteint. Les six destroyers britanniques de Ramsay attaquent à leur tour, les torpilles n'atteignent pas leur cible, le destroyer Worcester est gravement avarié par l'artillerie du Gneisenau et du Prinz Eugen, mais parvient néanmoins à regagner sa base.

Dans la deuxième partie du trajet, le Sharnhorst est endommagé par l'explosion de deux mines au large de Flushing et Ameland, ce qui ne l’empêche pas d'arriver le 13 février à 10 h à Wilhelmshaven, le Gneisenau et lui aussi touché par une mine devant Terschelling, qui fit peu de dommages; le Prinz Eugen le plus chanceux arriva indemne, ayant eu en tout et pour tout, un seul mort survenu lors d'une attaque aérienne britannique. Deux torpilleurs de l'escorte; le T13 et le Jaguar ont aussi été légèrement endommagés. Le 13 février, l'amiral Ciliax pouvait télégraphier à l'amiral Saalwachter à Paris, pour l'informer du plein succès de l'opération Cerberus. Les anglais ont perdu dans l'affaire, 42 avions, et un destroyer endommagé, mais surtout subit une blessure d'amour propre dans leur fierté de puissance maritime.

Toutefois il faut tempérer la victoire allemande, elle est totale du point de vue tactique; mais en fait, elle constitue un repli stratégique, désormais les grands navires allemands ne sont plus une menace pour les convois à travers l'Atlantique; le 23 février 1942, le Prinz Eugen est gravement endommagé, torpillé par le sous marin britannique Trident. Le 26 février, le Gneisenau toujours en réparation suite aux dégâts causés par la mine, est gravement avarié à Kiel par une attaque aérienne, il ne sera plus jamais opérationnel jusqu'à la fin de la guerre; en effet, le 1er juillet 1942, il est désarmé, ses tourelles sont débarquées, il est envisagé de les remplacer par des tourelles doubles de 380 mm, ce qui ne sera jamais réalisé, les travaux sont abandonnés en 1943, et il est sabordé le 27 mars 1945, devant Gdynia, pour embouteiller le port et éviter son utilisation par les russes; l'épave du Gneisenau est démolie de 1947 à 1951.

Le Sharnhorst sort de réparation à l'automne 1942, il reprendra sa chasse aux convois dans l'Arctique, jusqu’à ce qu'il soit coulé le 26 décembre 1943, lors de la bataille du Cap Nord détruit par les obus de 356 mm du cuirassé britannique Duke of York, et les torpilles des destroyers britanniques, Stord, Scorpion, Savage et Saumarez, escortant le convoi JW55b en route vers Mourmansk, que le Scharnhorst a imprudemment attaqué; cette victoire est aussi celle du renseignement, les britanniques sachant depuis peu décrypter les messages codés allemands, connaissaient la position du Sharnhorst, qui ignorait celle du Duke of York.

Le Prinz Eugen torpillé le 23 février 1942 , qui a perdu sa poupe dans l'opération, n' est réparé qu'en octobre 1942, il opère alors dans l'Atlantique Nord et en Baltique, à partir de mars 1943 jusqu'au début de 1944, il est utilisé comme bâtiment école en Baltique. Le 15 octobre 1944, il aborde le croiseur léger Leipzig au nord de Hela, si le Prinz Eugen n'est pas gravement avarié, le Leipzig ne pourra plus être utilisé jusqu’à la fin de la guerre. Le Prinz Eugen soutien les troupes devant Dantzig, Swinemunde, bombardant les troupes soviétiques, le 10 avril 1945, il se rend à Copenhague, ou les britanniques en prennent le contrôle le 9 mai; le 27 mai 1945, en compagnie du croiseur Nurnberg, il est transféré à Wilhelmshaven.
Le 13 décembre 1945, lors du partage des restes de la flotte allemande, le Prinz Eugen est attribué aux Etats -Unis; le 13 janvier 1946, il part pour les USA, il arrive à Boston le 22 janvier 1946; en mars 1946, il gagne le Pacifique par le canal de Panama; en juillet 1946, il est utilisé comme cible lors de deux explosions atomiques sur l'atoll de Bikini; en septembre 1946, il est remorqué à Kwajalein, il chavire et coule à Enubuj le 22 décembre 1946.

CARACTERISTIQUES DES NAVIRES :

Le Sharnhorst est mis sur cale le 16 mai 1935 à Wilhelmshaven, il est lancé le 3 octobre 1936, et entre en service le 7 janvier 1939.
Le Gneisenau est mis sur cale en mars 1935 à Kiel, il est lancé le 8 décembre 1936, et entre en service le 21 mai 1938.

Caractéristiques des Sharnhorst et Gneisenau:
déplacement 31 800 tonnes; 38 900 tonnes en pleine charge
dimensions: L. 234,90 m; l. 30 m; 9,1 m de tirant d'eau
machines: 160 000 cv; turbines à engrenages; vitesse 31,5 nœuds; rayon d'action 10 000 miles à 19 nœuds; 3 hélices.
protection: ceinture 250 mm; pont blindé 50 mm; barbettes 360 mm
armement: 9 canons de 280 mm
12 canons de 150 mm
14 canons de 105 mmAA
16 x 37 mmAA
24 x 20 mmAA
6 tubes lance torpilles
4 avions
équipage: 1 840 en temps de guerre
Cuirassé, Sharnhorst en 1941

Cuirassé Gneisenau en 1941. Bien que sister-ship du Sharnhorst il s'en distingue facilement, le mat arrière est accolé à la cheminée, alors qu'il se trouve reporté sur l'arrière de la catapulte, sur le Sharnhorst.

Le Prinz Eugen est mis sur cale en 1936 à Kiel, il est lancé le 22 aout 1938, et entre en service le 1er aout 1940.
C'est le troisième croiseur lourd allemand après l' Admiral Hipper et le Blucher, dont il est une version légèrement agrandie.

Caractéristiques du Prinz Eugen:
déplacement:14 800 tonnes; 19 800 tonnes en pleine charge
dimensions: L. 212,50 m; l.21,90 m; 7,94 m de tirant d'eau
machines: 132 000 cv; turbines à en grenages; vitesse 32 nœuds; rayon d'action 6 800 miles à 18 nœuds; 3 hélices
protection: ceinture 80 mm; pont blindé 30mm; tourelles 105mm
armement: 8 canons de 203mm
12 canons de 105 mmAA
12 x 37 mmAA
28 x 20mmAA
12 tubes lance torpilles
3 avions
équipage: 1600 h
Croiseur lourd, Prinz Eugen en 1941.


Alain
(photos collection Alain V)


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10 janvier 2011

YAVUZ, croiseur de bataille allemand sous pavillon turc

Le croiseur de bataille allemand Goeben a fait pratiquement toute sa carrière sous le pavillon turc. Dès le 16 août 1914, il porte le pavillon ottoman prend le nom de Yavuz Sultan Selim. La décision d'enfermer le Goeben et le croiseur léger Breslau dans les détroits, pour renforcer la marine ottomane comme l'empire ottoman et lui forcer la main pour entrer en guerre au coté de l’Allemagne, a pour conséquence de sacrifier toute possibilité de retour. Il est cédé à la Turquie officiellement à compter du 2 novembre 1918. Il s'agit d'un croiseur de bataille allemand du type Moltke.

Les allemands construisirent des croiseurs de bataille pour répondre aux Invincible britanniques. Ils s'en distinguaient par un calibre d'artillerie principale moindre; 280 mm au lieu de 305 mm pour les anglais; mais avec une protection nettement renforcée. Le premier croiseur de bataille construit en Allemagne est le Von Der Tann, commandé en 1907 et entré en service en 1910. Il est suivi des deux sisters ship: Moltke et Goeben.

Caractéristiques des Moltke :
déplacement: 20846 tonnes; 23042 tonnes en pleine charge
dimensions: longueur 186,6 m; largeur 30 m; tirant d'eau 9,20 m
propulsion: 4 turbines à engrenages Parsons alimentées par 24 chaudières Schulz Thornycroft puissance 52 000 cv; 4 hélices vitesse 28,4 nœuds,25,5 nœuds en service courant,rayon d'action 4 120 miles à 14 nœuds
protection ceinture cuirassée de 280mm au plus fort à 76,2,barbettes et tourelles(face) 230mm,casemates 200 mm,commandement 300 mm,pont blindé 76,2 mm
armement: 10 canons de 280 mm modèle 1909 tire des obus de 302 kg à 21 700 m (portée maximale,site à +22,5 ° après 1915).
10 canons de 150 mm en casemates
12 canons de 88 mm(jusqu'en 1916)
4 tubes lance torpilles sous marins
équipage 43 officiers et 1010 hommes

Le Motke est mis sur cale le 7 décembre 1908, aux chantiers Blom & Voss de Hambourg, il est lancé le 7 avril 1910 et entre en service le 30 août 1911
En mai 1915 le Moltke participe à la bataille du Jutland, au cours de laquelle il toucha le croiseur de bataille britannique Tiger13 fois, et fut touché à 4 reprises, mais les navires s'en tirèrent tous les deux.
Le Motke se rendit aux alliés le 24 novembre 1918, et fut sabordé à Scapa Flow le 21 juin 1919, son épave à été relevée en 1927, et démantelée à Rosyth en 1929.

Le Goeben, qui nous intéresse plus particulièrement, est mis sur cale le 28 août 1909 aux chantiers Blohm & Voss à Hambourg, lancé le 28 mars 1911 et entre en service le 2 juillet 1912. Quand éclata la première guerre Balkanique en octobre 1912, le grand quartier général allemand envoie le croiseur de bataille Goeben, et le croiseur léger Breslau en Méditerranée pour faire respecter les intérêts allemands dans la région ; ils rejoignent Constantinople.

Le croiseur de bataille Goeben à son entrée en service en 1912.

Les deux navires appareillent de Kiel et arrivent à destination le 15 novembre 1912, les navires sont maintenus sur place lors du déclenchement de la deuxième guerre Balkanique, le 29 juin 1913, montrant le pavillon allemand dans prés de 80 ports de la Méditerranée. Ils sont sous le commandement de l'amiral Wilhelm Anton Souchon, (2 juin 1864 -13 janvier 1946). L'assassinat de l'archiduc François Ferdinand à Sarajevo, entraîne le maintien du Goeben sur zone. Il est caréné à Pola par des ingénieurs allemands.



Après avec canonné Philippeville et Bône en Algérie le 4 août 1914, les deux navires rejoignent la Turquie après avoir semé les escadres française et anglaise lancées à leurs trousses. Les Français trop loin ne peuvent les rattraper, les Anglais les rencontrent avant la déclaration de guerre, et ne peuvent intervenir, ensuite les Allemands leur font croire qu'ils se dirigent vers l'Adriatique, pour changer de cap au dernier moment, et foncent sur les Dardanelles, qu'ils franchissent , et sont transférés à la marine Ottomane alors neutre le 16 août 1914, et prennent les noms de Yavuz Sultan Selim (nom officiel jusqu'en 1936) pour le Goeben, et de Midilli pour le Breslau, toutefois ils conservent leurs équipages allemands, et le contre amiral Souchon devient commandant en chef de la marine turque, il a joué un rôle important dans la décision de l'empire ottoman d'entrer en guerre aux cotes de l'Allemagne et de l'empire austro-hongrois. Le 29 octobre 1914, le Yavuz bombarde Sébastopol sa première opération contre l'empire russe, il coule le mouilleur de mines Prut, et endommage le destroyer Leitenant Pushchin, la Russie déclare la guerre à l'empire Ottoman suivie par la France et la Grande Bretagne. Le 18 novembre 1914, il endommagea le cuirassé russe Evstafi au cours d'un duel d'artillerie. En décembre 1914, alors que le Yavuz et le Midilli escortent des transports de troupes, le Yavuz saute sur deux mines dans le Bosphore, il est endommagé et ne peut recevoir que des réparations provisoires, faute de bassin de radoub assez grand ; ce qui ne l’empêcha pas de continuer les escortes de convois, tout en engageant des navires russes sans résultat. La mise en service des dreadnought russes Imperatritsa Mariya et Imperatritsa Ekaterina Velikaya chargeant le rapport de force obligea l'amiral Souchon à plus de prudence; en février 1916 le Yavuz transporte des troupes et du matériel à Trebizonde pour tenter de stopper l'avance russe, le Yavuz et le Midilli sont utilisés en soutien des troupes à terre. En 1917 les deux navires sont bloqués par le manque de charbon.


Le Yavuz Sultan Selim en 1914 rallie l'Empire Ottoman

En décembre 1917, l'armistice est signé entre Istanbul et Petrograd, le 20 janvier 1918 le Yavuz et le Midilli quittent les Dardanelles et se dirigent vers la Palestine au large de l'île d'imbros, ils coulèrent les monitors Raglan et le M28; mais à l'entrée des Dardanelles, les deux navires tombèrent sur un champ de mines, le Midilli sauta sur plusieurs mines et sombra, le Yavuz sauta sur trois mines et du s'échouer, des avions et le monitor M17 anglais attaquèrent le Yavuz sans succés. Le Turgut Reis un vieux cuirassé ottoman, lui aussi ancien allemand, le remorqua jusqu'à Constantinople. Le 2 novembre 1918, le Yavuz devenait officiellement turc.

Le Yavuz le 20 janvier 1918 échoué, après avoir été endommagé par des mines

Suite à la guerre d'indépendance de Mustapha Kemal Atatürk, au traité de Lausanne du 24 juillet 1923, la république turque héritait de l'ancienne marine ottomane, et donc du Yavuz, qui resta jusqu'en 1926 abandonné à Izmir.. Il fut complètement refondu de fin 1928 à mars 1930 à Izmir, par les chantiers de Saint Nazaire Penhoet , la coque est réparée, les chaudières sont remplacées, la direction de tir reconstituée. En 1936 le nom de Yavuz Sultan Selim est officiellement simplifié en Yavuz.

En novembre 1938, il transporte les cendres de Mustapha Kemal Atatürk d'Istanbul à Izmir.
La Turquie étant neutre au cours du deuxième conflit mondial, le Yavuz n'intervient pas; sont armement anti aérien fut renforcé par 4 x 88 mm AA, 22 x 40mm et 24 x 20 mm; le mat arrière est supprimé, pour dégager le tir anti aérien.

Le Yavuz en novembre 1936 à malte,après sa refonte

Le 5 avril 1946, le Yavuz accueille le cuirassé américain Missouri ramenant le corps de l'ambassadeur de Turquie aux Etats-Unis.

Une photo hautement symbolique, le Yavuz (à droite sur la photo), accueille le cuirassé américain USS Missouri à Istanbul en avril 1946; deux générations de bâtiments de ligne, qui se sont distingués chacun, au cours d'une guerre mondiale.

Le Yavuz est mis en réserve en 1950, rayé en 1954, la proposition de le rendre à l'Allemagne en 1963, pour le préserver fut déclinée par Bonn.

Le Yavuz en 1955 à la fin de sa vie, le mat arrière a été supprimé pour dégager le tir anti aérien.

Il fut vendu à un chantier de démolition en 1971, et démantelé de 1973 à 1976.
Il aura donc eu une carrière particulièrement longue de 42 ans dont 40 ans sous pavillon ottoman, et turc, dernier croiseur de bataille ayant existé, ultime témoin d'une époque, il est dommage qu'il n'ai pu être conservé.

Alain

(photos collection Alain V)



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5 juillet 2010

11 juillet 1915 : la fin du Königsberg

Au début de la guerre, les possessions allemandes en Afrique étaient représentées par l'actuelle Tanzanie. La ville principale en était Dar es Salam. Au sud se trouvait un territoire portugais. Au nord, l'actuel Kénya était possession britannique. Dans chacun des ports correspondants, les marines respectives étaient bien évidemment représentées. L'escadre du Cap de la Royal Navy (basée à Simonstown en Afrique du Sud) possédait trois croiseurs (HMS Pegasus, HMS Astraea et HMS Hyacynth) qui patrouillaient régulièrement au large des côtes est-africaines, escalant à Zanzibar et à Mombasa.

Au port de Dar es Salam, la colonie allemande hébergeait le croiseur léger Königsberg arrivé en juin 1914 en remplacement d'une unité plus ancienne, sous les ordres du commandant Max Looff. Lancé à Kiel en janvier 1905, son déplacement est de 3 550 tonnes, sa vitesse de 25 noeuds, son rayon d'action estimé à 3 000 milles.



Le 4 août 1914, le Royaume-Uni déclare la guerre à l'Allemagne. Dans l'océan Indien comme ailleurs, la flotte allemande se met en chasse. Deux jours plus tard, le Königsberg coule le cargo britannique City of Winchester et est ensuite ravitaillé en charbon par le Somali. La suite de la chasse allemande est sans résultat et, le 3 septembre, les deux navires gagnent le continent et s'enfoncent dans les méandres de la rivière Rufiji, au sud de Dar es Salam, pour y attendre une nouvelle livraison de charbon. Celle-ci effectuée, le Köningsberg reprend la mer vers Zanzibar. Il y rencontre le HMS Pegasus. Après un rapide échange de quarante-cinq minutes le 20 septembre, le bâtiment britannique est hors de combat. On dénombre 38 morts et 55 blessés britanniques, HMS Pegasus coule le lendemain. Le Königsberg prend la route du sud, son commandant voulant regagner l'Europe mais une panne mécanique l'en empêche. Il ne peut que retourner dans l'estuaire de la Rufiji et s'y abriter pendant six semaines, le temps de la réparation.

Bien évidemment, la Royal Navy n'est pas resté sans réagir. Elle a envoyé sur place trois croiseurs H.M.S. Chatham, HMS Dartmouth et HMS Weymouth. Leur commandant ont des ordres simples : "Trouvez et détruisez le Königsberg". C'est dans un premier temps le cargo Somali qui est repéré et détruit le 30 octobre. Les navires britanniques établissent maintenant un blocus de l'estuaire, empêchant toute sortie du navire allemand qui ne peut que remonter le cours de la rivière pour tenter d'échapper. Des avions parviennent sur zone pour survoler le détroit et débusquer l'ennemi, d'autres navires de la Royal Navy aussi. Parmi ces derniers, deux canonnières, H.M.S. Mersey and HMS Severn, venues de Malte qui peuvent, elles, remonter la rivière grâce à un tirant d'eau plus faible. Enfin, le 6 juillet 1915, Königsberg est repéré et le feu ouvert. Les canonnières se retirent après avoir tiré plus de six cent obus mais sans avoir touché sérieusement le bâtiment allemand. Cinq jours plus tard, l'opération est couronnée de succès ; le navire allemand est en feu, irrémédiablement touché.

La Royal Navy quitte les lieux mais les marins allemands eux restent sur place et démontent de leur navire tout ce qui peut être réutilisé. Ainsi, les canons, montés sur des affûts spécialement construits par les ateliers ferroviaires de Dar es Salam, pourront-ils servir lors des campagnes terrestres.

Cet épisode de la guerre navale au cours du premier conflit mondial est retracé par Paul Chack dans "Une croisière de misère"qui constitue le chapitre 2 de "On se bat sur mer" publié en 1926 aux Éditions de France.

Tous clichés DR.

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26 mars 2010

La flotte allemande se met à l'abri dans le canal de Kiel

Guerre 1914-1915 (on ne savait pas à l'époque où cette carte a été éditée qu'elle durerait encore trois ans!) - La flotte allemande se renferme dans le canal de Kiel (inauguré 25 juin 1914 par Guillaume II), ne cherchant nullement à affronter celle des Alliés.
German fleet is confining itself in the canal of Kiel, not having the last intention to affront
the allies. (archives Adhémar)

En effet, à cette époque (après l'entrée en guerre de la puissante Royal Navy), la K.u.K. Kriegsmarine (les Austro-hongrois) s’en tient à la « stratégie de la flotte en vie » : elle reste dans ses ports, obligeant ainsi la flotte alliée à concentrer ses forces à proximité pour exercer une surveillance. Mais la guerre allemande continue sous la mer grâce aux U-Boote qui mettront en péril la domination maritime britannique.